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Le point sur... Approche des coûts d’un réseau

25 mai 2010
Le coût d’un projet de construction d’un réseau de communications électroniques ex nihilo comprend plusieurs niveaux : la construction d’infrastructures d’accueil (génie civil) , l’équipement en éléments de communications électroniques (câbles, antennes, équipements de transmission et de commutation...) et le recours à des services déjà actifs de transport de données et d’interconnexion, permettant de se raccorder depuis l’extérieur. Ces principaux postes de coûts, non exhaustifs, peuvent cependant faire l’objet d’économies importantes, notamment par le recours à la mutualisation des travaux et à l’utilisation d’infrastructures déjà existantes.

Génie civil

Les travaux de génie civil

La part de génie civil est la plus importante dans le budget de construction d’un réseau filaire de bout en bout : elle représente près de 80% du coût de déploiement, soit jusqu’à une centaine d’euros par mètre linéaire et beaucoup plus en milieu urbain en raison des aménagements de la chaussée et des contraintes du chantier.

La tranchée

Les coûts d’une tranchée varient énormément selon la nature du terrain traversé et le type de tranchée (traditionnelle, de faibles dimensions, rainurage). La moyenne se situe généralement entre 50 et 90€ par mètre linéaire (ml) mais peut descendre à 15 €/ml pour un terrain nu et s’élever jusqu’à 250€/ml en centre ville , en cas de réfection de rues pavées ou dallées par exemple.

A titre comparatif, la pose de câble sur appui aérien coûte entre 15 et 30 €/ml.

A l’occasion de travaux sur les réseaux aériens (mise en place, remplacement d’appuis) et souterrains (réalisation de tranchées pour l’enfouissement de réseaux notamment), les coûts communs sont partagés entre les différents acteurs.

Les fourreaux et chambres de tirage

Le coût des fourreaux dépend de leur diamètre, de leur nombre dans une même tranchée, de leur type (les fourreaux en PEHD sont préférables pour les longues distances tandis que ceux en PVC conviennent plutôt aux zones urbaines). Une importante partie du coût est liée à la pose. La fourniture et la pose de fourreaux sont de l’ordre de quelques euros par mètre linéaire.

Le coût d’une chambre de tirage peut varier de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers d’euros, selon ses caractéristiques (taille, compartiments, pose sous trottoir ou sous chaussée). Les chambres de tirage sont disposées tous les 1 000 à 2 000 mètres environ sous voirie départementale , tous les 50 à 100 mètres en milieu urbain et dans les zones d’activité.

Les pylônes

Le coût d’un pylône portant des antennes radio et de faisceau hertzien dépend de plusieurs paramètres, dont principalement la hauteur et la résistance au vent, et atteint rapidement plusieurs dizaines de milliers d’euros ; il faut ainsi compter environ 50 000€ pour un pylône haut de 30mètres fourni et posé sur son socle de béton. S’y ajoutent l’achat du terrain ou le coût récurrent de son loyer.

L’occupation d’infrastructures existantes

L’occupation d’éléments de génie civil est soumise à redevance ou loyer. La location de fourreaux peut aller de quelques dizaines de centimes d’euros à quelques euros par mètre linéaire, selon le type et l’emplacement des fourreaux concernés (par exemple l’occupation de fourreaux multitubulaires le long d’une ligne de tramway sera plus élevée qu’ailleurs en périphérie de la ville). A titre d’exemple, l’offre d’accès au génie civil à destination des déploiements FttH résidentiels de France Télécom est de 3,072€/cm² par mètre linéaire et par an ; ce tarif annuel, fonction non seulement de la longueur mais également de la section du câble déployé, est amené à évoluer d’ici fin 2010.

Selon l’ARCEP, un fourreau posé en surnombre par une collectivité serait amorti en 30 ans à un tarif d’environ 1,15€/ml par an. Le modèle tarifaire proposé par la collectivité doit être en phase avec l’appétence des opérateurs pour desservir une zone, et donc la densité de l’habitat : dans les grandes villes, un tarif entre 1 et 1,5€/ml par an paraît adapté.

L’occupation de points hauts (pylônes, châteaux d’eau, etc.) peut également être source de rémunération pour son propriétaire. Les tarifs, particulièrement élevés dans le cas des antennes de téléphonie mobile (jusqu’à 5 000€ par an), sont revus à la baisse (de quelques centaines d’euros jusqu’à la mise à disposition gratuite) pour l’accès à internet haut débit par radio afin d’inciter les opérateurs WiMAX ou WiFi à venir s’installer dans des zones mal desservies et à faible potentiel.

Infrastructures de télécommunications filaires et radio

Le coût des câbles optiques

Le coût du câble optique dépend du nombre de fibres optiques qu’il contient, ainsi que de ses autres caractéristiques (gaine protectrice et assemblage, type de fibres). Les câbles d’une douzaine de fibres coûtent de l’ordre d’un euro par mètre linéaire, ceux de plusieurs centaines de fibres, autour d’une dizaine d’euros. En incluant les frais de pose du câble, il faut généralement compter, pour un câble courant de 48 ou 72 fibres par exemple, quelques euros par mètre.

La location de fibres noires

Un opérateur ou un client final peut disposer d’une paire de fibres qui lui sera dédiée et qu’il activera par ses propres équipements en acquérant un IRU (Indefeasible Right of Use : location de longue durée, pendant laquelle il est seul utilisateur de la fibre) ou par le biais d’une location classique, à l’année.

Les IRU de paires de fibres optiques durent de 10 à 20 ans, la location étant payé en une fois au début du contrat. Pour un IRU de 15 ans, on constate une fourchette de prix entre 6 et 12 €/ml, du côté privé comme du côté public. Certains délégataires, intervenant à une échelle large et grâce à une mutualisation des coûts de construction, arrivent à proposer des tarifs particulièrement compétitifs ( moins de 4€/ml par an pour un IRU de 15 ans).

A l’année, la location de paires de fibres varie entre 1,5 et 3€/ml du côté des acteurs privés, généralement entre 1 et 2€/ml du côté du public (collectivités ou délégataires). Les tarifs peuvent cependant évoluer selon différents critères : disponibilité, durée de location, linéaire total,... France Télécom publie une offre de « lien fibre optique » entre deux nœuds de son réseau (répartiteur et points de présence) à des tarifs régulés, ce qui a permis de favoriser le dégroupage.

L’offre de France Télécom sur la boucle locale cuivre (paire téléphonique)

L’opérateur historique propose également des offres d’accès à la boucle locale cuivre, permettant notamment aux opérateurs alternatifs d’offrir des services de dégroupage total (sans abonnement téléphonique classique) : l’abonnement mensuel qu’ils paient à France Télécom pour la location de la paire de cuivre était de 9 €/mois fin 2009.

Les équipements actifs

De nombreux équipements actifs sont nécessaires pour les technologies filaires (notamment le DSLAM, équipement-clé du dégroupage), mais leurs coûts restent secondaires par rapport au coût total. Le recours aux technologies radios permet de s’affranchir de la tarification au mètre linéaire, même s’il demande la disponibilité de points hauts ou la construction de pylônes. Les premiers prix d’antennes WiFi commencent à la centaine d’euros, jusqu’à quelques milliers d’euros pour des stations de qualité. Une station de base WiMAX coûte quelques dizaines de milliers d’euros (pour 4 secteurs soit 360°). Enfin, le coût de pose et d’installation des antennes (connexion, raccordement électrique, mise en sécurité du point haut...) est souvent non négligeable, représentant un surcoût de généralement 50 à 80%, sans compter le montant de l’installation ou de la location des points hauts.

Services de transport de données

Les opérateurs, les Fournisseurs d’Accès à Internet et les entreprises peuvent faire acheminer leurs données en s’appuyant sur les réseaux actifs des opérateurs : ils utilisent pour cela des liaisons louées (réseau virtuel) ou des services de transport de bande passante. La diversité de ces offres est considérable : elles varient selon le type de technologie utilisée (WDM, SDH, ATM, IP), la largeur de bande passante, la distance du site client au point de présence de l’opérateur et le niveau de la concurrence sur la liaison demandée. Concernant les tarifs de bande passante pratiqués entre opérateurs, les ordres de grandeur suivants peuvent être retenus : 10 Mbit/s : 500€ à 1 500€ / mois ; 100 Mbit/s : 1 000 à 2 500€ / mois ; 1 Gbit/s : de 2 500 € à 5 000€ par mois.

France Télécom propose, pour les opérateurs qui ne sont pas présents au niveau du répartiteur, des offres de collecte des données jusqu’à différents points du réseau de l’opérateur client (offre bitstream jusqu’à un point régional par exemple). Toutefois, le dégroupage total est dans ce cas impossible.

En savoir plus

Lien externe
- ARCEP - Observatoire du haut et du très haut débit

Le point sur...
- Travaux pour un réseau enfoui
- Les infrastructures d’accueil de réseaux filaires
- Les technologies DSL
- Réseaux de desserte sans fil

Contacter le point d’appui Aménagement numérique des territoires


Commentaires sur l'article
  •  Evolution des coûts de pose en aérien, par Henri Ferreira http://, le 13 octobre 2010 à 04h41

    Bonjour,
    Actuellement AMO d’un projet de FTTx en zone rurale de 10500 foyers, 220 km de voirie habitée. Nous sommes actuellement en cours de déploiement en aérien
    le coût pour l’aérien est en dessous de 7,6 € le ml pour la fibre seule
    Les systèmes de connectivité passive (splitter, points de branchement...) : 5,4 € / ml
    Ingénierie, piquetage, coordination..... : 2,3 €/ml
    Soit 15,3 € par ml et 325 € par foyer.

    3 autres projets en cours dont les variables foyers et ml sont compris dans une enveloppe de 30% font varier le coût total de 15%
    En comparaison, l’étude sur le FTTC montait à 764 € par foyer impacté, le NRA-ZO : 882 et le FTTLA-DOCSIS à 550 €

    Le partage d’informations actualisées sur ce sujet permettra je pense à quelques collectivités de ne pas être effrayées par les coûts parfois présentés.

  •  coût IRU, par queru veronique http://, le 27 août 2010 à 16h29
    vous indiquez des coûts compétitifs de moins de 4€/ml/an pour un IRU de 15 ans. je pense que c’est une erreur car le coût est pour 15 ans pas par an?
    merci de me le préciser.
  •  Evolution des tarifs, par Benoît de la Filolie http://, le 2 septembre 2009 à 11h07

    Bonjour

    Les tarifs presentés dans cette article datent de 2006. Pouvez-vous nous indiquer quel est la tendance des tarifs depuis cette date?

    D’avance je vous remercie

    Cordialement

    Benoît de la Filolie

    •  Actualisation article, par MARTIN Renaud http://, le 25 mai 2010 à 11h56

      Bonjour,

      l’article et la fiche correspondante ont été mis à jour en mai 2010.

      Cordialement.

 

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