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Retour sur le GRACO technique du 29 mars 2017

publié le 6 avril 2017

L’Arcep a fait le constat d’une trop faible connectivité optique des entreprises française de taille moyenne et petite. Elle s’est donc fixé comme objectif de dynamiser ce marché, un de ses douze chantiers prioritaires.

Dans le cadre de son analyse des marchés, l’Autorité a rappelé et justifié sa décision de ne pas imposer à Orange, opérateur puissant sur le marché du haut et du très haut débit (les deux ne faisant qu’un) de faire une offre de gros de service activé pour les entreprises sur la boucle locale optique mutualisée (BLOM). Elle craint qu’une décision contraire désinciterait Orange à investir dans le réseau de BLOM.

Elle préfère donc miser sur l’émergence d’un troisième acteur national qui, contrairement aux deux qui se partagent les deux tiers du marché (Orange et SFR,) ne sera pas présent sur le marché de détail.

Elle limite ainsi les contraintes imposées à Orange sur ce marché à la fourniture en gros d’offre passive de qualité renforcée, nécessaire à la production d’offres dédiées aux entreprises, souvent désignée sous l’acronyme FttE. Il appartiendra au troisième acteur d’activer les lignes de cette offre de gros et de proposer ces lignes aux opérateurs de détail.

Son idée est que l’opérateur historique fera spontanément une offre s’il constate que les offres activées de ses concurrents se vendent bien et lui font perdre des clients SDSL (quelques Mbit/s symétriques sur cuivre) qui louent actuellement environ 500 000 accès.

De leur côté, les petits opérateurs qui sont aujourd’hui dédiés aux entreprises et qui sont clients des offres de gros des RIP FttO (les RIP 1G) voient dans cette décision un risque pour la pérennité de leur activité, l’opérateur historique ayant une offre de détail que les petits opérateurs ne peuvent répliquer, faute d’une offre de gros activée (les offres de gros dans les RIP sont des offres de bandes passantes, donc répondent au qualificatif d’"activées"), et craignent de voir partir leurs clients FttO et de ne pouvoir en conquérir de nouveaux sur la BLOM.

Dans ce débat, le groupe ANT attire l’attention des acteurs sur l’existence sur le marché, dès maintenant et de manière croissante dans les prochaines années, de millions de lignes FttH (jusqu’à plus de 8 d’ici 2022) que les exploitants de RIP auront tout loisir d’activer. Cela permettra de valider l’appétence des entreprises pour ces services très haut débit d’entrée de gamme et d’observer les éventuelles migrations de clients d’offres FttO vers les offres FttE.

Une inquiétude a été exprimée par les délégataires de RIP 1G et leurs autorités délégantes sur cette concurrence qui pourrait avoir des effets très négatifs sur l’équilibre économique de ces réseaux dédiés aux entreprises de première génération.

Le groupe ANT ne prétend pas connaître par avance le comportement des entreprises clientes actuelles d’offres de services basées sur le FttO. Toutefois, d’une étude récente qu’il a réalisée pour le compte d’une grande agglomération propriétaire d’un tel RIP, il est ressorti que :

  • l’entreprise peut avoir pour stratégie de gérer moins de clients qui rapportent davantage : recherche d’une clientèle haut de gamme, pour laquelle l’offre FttO est un outil indispensable.
  • les entreprises de taille intermédiaire commencent à saisir tout l’intérêt qu’il y a à externaliser certaines fonctions comme la téléphonie de l’entreprise, qui ont nécessairement besoin de grande qualité de service : une coupure réseau entraînerait la cessation complète de son activité.
  • de manière générale, les responsables réseaux ou les dirigeants eux-mêmes quand l’entreprise est de taille réduite, considèrent qu’il y aurait un trop grand risque à basculer leurs accès réseau vers des offres moins chères et moins sures.
 
 

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