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Retour sur le colloque de la Mission Ecoter

publié le 6 février 2017

La Mission ECOTER est une association regroupant collectivités territoriales et entreprises pour échanger sur les usages et les services des réseaux de l’internet, mettre en place une veille technologique adaptée et efficace, conseiller sur les choix de technologies d’information et de communication, et éclairer les décisions politiques et administratives dans le domaine des télécoms et des réseaux. Elle propose ainsi des formations, des groupes d’échanges, des guides et de la veille en ligne.

Le 1er février dernier, la mission Ecoter a organisé un colloque sur le thème « comment vendre la fibre dans les réseaux d’initiative publique ? ». Trois tables rondes ont permis de traiter le sujet.
La séance a été ouverte par l’Arcep par la voix de son directeur de l’Accès fixe et des relations avec les collectivités territoriales, G.Mellier, qui a rappelé la mise en place d’un observatoire sur la commercialisation des plaques FttH des RIP, laquelle commence à peine. Cet outil présente actuellement 500 000 lignes, avec un taux de dégroupage de 24 % (pour comparaison, elle est de 60 % en ZTD). Il faut aller plus loin et accélérer la dynamique de commercialisation, en assurant la création d’un stock important de lignes à commercialiser, en sécurisant les risques économiques et juridiques et en mettant l’accent sur la numérisation des entreprises. L’Autorité souhaite une action volontariste, basée sur des offres activées et l’émergence potentielle d’un troisième acteur.
Les RIP desserviront à terme plus de 43% de la population française et sont destinés à couvrir les zones moins denses à horizon 2022 ; si le rythme de construction progresse, l’enjeu réside de plus en plus dans la commercialisation des lignes.
La première table-ronde a permis à des opérateurs présents sur les RIP (Oise numérique, SIEA) et des fournisseurs de contenus (VITIS, Canal+) de répondre aux questions : comment vendre l’accès fibre au grand public ?
Pour les fournisseurs de contenus : la recette de la réussite de VITIS tient à l’adéquation entre l’offre et les attentes du client : une large palette d’usages (TNT, SVOD, replay, sport en option), une seule offre et un seul prix. Pour Canal+, elle tient au mécontentement des clients ADSL qui n’arrivaient pas à télécharger et avaient de la vidéo de mauvaise qualité ; la fibre est indispensable dans les foyers, où tablettes et mobiles représentent la moitié des supports mobilisés par les utilisateurs au quotidien, simultanément au sein d’une même famille. De manière plus générale, des conditions importantes sont néanmoins indispensables : présence d’un FAI national, adéquation entre la commercialisation et la capacité à raccorder rapidement les clients (qui varie entre 4 et 6 semaines contre une pour l’ADSL et 0 pour le mobile), l’implication de la commune au moment de l’ouverture des lignes (réunions publiques, journal local, site web de la mairie), visibilité des plus petits FAI qui souffrent d’un déficit de notoriété ( les foyers qui ont au moins 5 ou 6 Mbit/s et donc arrivent à voir un film en HD ne souhaitent pas quitter leur FAI national pour un Videofutur ou un Wibox), et transparence et compréhension des tarifications par le grand public (le prix reste un facteur primordial pour les clients).
La seconde table-ronde a réuni les syndicats mixtes Oise THD et Manche numérique, ainsi que COVAGE et ADISTA, en présence d’un entrepreneur pour réfléchir sur les axes à développer pour vendre les accès au réseau d’initiative publique auprès des entreprises .
A priori, les entreprises ne sont pas portées spontanément sur des exigences de performances en matière de communications électroniques, le chef d’entreprise n’a d’ailleurs ni le temps ni les compétences pointues pour faire de la prospective dans ce domaine. Néanmoins, au regard du développement du BIM (utilisation des modèles 3D dans le bâtiment), des webinars ou tout simplement de la volonté d’export de certaines PME, la multiplication des usages, pour lesquels la symétrie des débits et de la disponibilité permanente sont importantes, poussent les entreprises à passer à la fibre . Restent les freins du coût d’accès et de la concurrence des liens entreprises sur cuivre (SDSL de quelques Mbit/s) sur certains territoires. Les atouts sont : forte capillarité du réseau d’opérateur et pré-fibrage des entreprises (qui entraîne des frais d’accès réduits).
Enfin, la dernière table-ronde a prolongé la question sur la dynamisation de la commercialisation des RIP via des nouveaux usages à travers un regard croisé Caisse des Dépôts et Consignations, le maire de maire de Saint Symphorien-sur-Coise et le président de Wibox.
Plus d’infos concernant ce séminaire sur le site de la Mission Ecoter, certains diaporamas présentés dans la matinée sont en ligne : http://www.ecoter.org/agenda?view=inscription&cid=168

 
 

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