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Le point sur… Les infrastructures d’accueil de réseaux filaires

publié le 16 décembre 2010 (modifié le 28 janvier 2011)

Les réseaux filaires sont constitués de câbles et d’équipements qui doivent être protégés par des infrastructures d’accueil. Dans certains cas, on peut utiliser des infrastructures déjà présentes sur le territoire. Dans d’autres cas, il est nécessaire de mettre en place une infrastructure neuve : fourreaux, chambres, voire poteaux.

Les réseaux filaires, généralement optiques dans le cas d’un nouveau réseau, sont constitués de câbles et d’équipements qui doivent être protégés par des infrastructures d’accueil.
Dans certains cas, on peut utiliser des infrastructures déjà présentes sur le territoire (fourreaux préexistants, poteaux électriques ou téléphoniques, conduites diverses…), ce qui permet de réaliser des économies importantes. Dans d’autres cas, il est nécessaire de mettre en œuvre une infrastructure neuve : fourreaux, chambres, voire poteaux. Celle-ci doit être correctement dimensionnée, car elle conditionne l’architecture du réseau optique qui pourra être déployé par la suite et sa capacité d’évolution.

Un réseau filaire peut être optique ou électrique. Toutefois, sauf extension du réseau téléphonique ou à l’intérieur des bâtiments, on ne déploie pratiquement plus de réseaux cuivre : leurs performances sont bien moindres que celles de la fibre optique et le coût des câbles plus élevé.

Un réseau optique s’appuie sur des câbles de fibres optiques, reliant les différents points de desserte. Ce sont donc autant de câbles qui parcourent le territoire, irriguant les quartiers résidentiels, les zones d’activité… Ces câbles et les éléments de connectique qui les accompagnent sont protégés de leur environnement, par enfouissement ou élévation, grâce à des infrastructures d’accueil (fourreaux, poteaux…).

Les infrastructures mobilisables : une source d’économie

Les infrastructures d’accueil représentent un poste de dépense important, en particulier dans le cas d’un réseau souterrain ; il est donc opportun de chercher, préalablement à toute décision de réaliser une infrastructure neuve, si des infrastructures mobilisables sont disponibles sur le territoire.

Quelles infrastructures pour l’accueil de réseaux optiques ?

Les principales infrastructures mobilisables pour accueillir des câbles sont :

- les fourreaux télécoms : lors de l’extension du réseau téléphonique, par exemple à la création d’un lotissement, des fourreaux ont pu être posés en surcapacité. Leur utilisation peut être négociée avec leur propriétaire (opérateur, collectivité…). On évite de passer plusieurs câbles dans un même fourreau, pour des raisons techniques (pose moins performante) et organisationnelles (cohabitation de câbles pouvant appartenir à des opérateurs concurrents). Mais même en l’absence de fourreaux libres, il est parfois possible d’utiliser des fourreaux occupés grâce au sous-tubage, en faisant passer plusieurs tubes à l’intérieur d’un fourreau, chaque tube accueillant un câble.

- les poteaux électriques et téléphoniques : on peut utiliser les poteaux du réseau d’électricité local (moyenne et basse tension), appartenant aux communes, sans aucun risque d’interférences entre les réseaux optiques et électriques. Certains poteaux téléphoniques peuvent également accueillir des câbles optiques, la loi faisant obligation à leur propriétaire France Telecom de les mettre à disposition. Dans tous les cas, les câbles posés en aérien pourront être enfouis dans une infrastructure commune à l’occasion d’un programme ultérieur d’effacement des réseaux.

- les réseaux d’assainissement : ils relèvent de la compétence des collectivités, qui y ont donc des facilités d’accès. En pratique, si le réseau est visitable, les câbles peuvent être accrochés aux parois internes. Dans le cas contraire, on peut procéder à la pose robotisée de tubes étanches inoxydables dans lesquels passeront les câbles.

D’autres infrastructures, moins fréquemment présentes, peuvent également être utilisées : les galeries multiréseaux (ouvrages sous-terrains visitables ; on les trouve surtout dans les grandes villes), les fourreaux des réseaux électriques enfouis (alimentation, éclairage public), les conduites posées le long des voies ferrées (tramway, métro, train) ou des voies navigables, les canalisations de gaz abandonnées existant dans certaines communes ( consulter GrDF), etc.

De manière générale, tout ouvrage linéaire desservant les bassins de vie et permettant de protéger les câbles des contraintes extérieures constitue une infrastructure d’accueil potentielle pour un réseau filaire.

La connaissance du patrimoine : un enjeu déterminant

Sur un territoire, les infrastructures mobilisables peuvent être nombreuses, variées et gérées par des acteurs multiples. Afin de faciliter leur identification le jour où un projet de création ou d’extension de réseau est envisagé, il est conseillé à la collectivité de les répertorier dans un système d’information géographique, afin que l’information soit immédiatement disponible lorsqu’un opérateur privé - ou elle-même - envisage de déployer un réseau.

La création d’infrastructures neuves

Il n’existe pas toujours d’infrastructures réutilisables adaptées aux besoins ; le porteur du projet doit alors envisager la création d’infrastructures neuves, dédiées au projet d’aménagement numérique du territoire considéré. Outre les locaux techniques (voir fiche « armoires et locaux techniques »), les fourreaux, les chambres et les poteaux sont les principaux éléments constitutifs d’une infrastructure d’accueil pour un réseau optique.

Les fourreaux

On distingue généralement :

- les fourreaux PVC qui sont des tubes rigides de quelques mètres de longueur. Ne permettant pas la pose de câble par portage (à l’air ou à l’eau) dans des conditions optimales, ils sont plutôt adaptés pour les courtes distances et les changements de direction nombreux (la pose se faisant alors par tirage des câbles),
- et les fourreaux PEHD, dont la pose est plus facilement mécanisée, qui sont adaptés à la pose de câble par portage ; ils sont donc utilisés préférentiellement sur les longues distances et les sections linéaires.

Les principaux calibres normalisés sont les suivants : 26.2-32 (environ 300 fibres), 32.6-40 (environ 400 fibres), 40.8-50 (plus de 1 000 fibres). Le calibre et le nombre des fourreaux déterminent le nombre de fibres qui pourront être déployées ; une évaluation amont du besoin est souhaitable. A défaut, on prévoit au minimum quatre fourreaux : un pour les besoins de la collectivité, un qui sera loué à un ou plusieurs opérateurs, un pour la manœuvre, et enfin un dernier en prévision de l’évolution des besoins.

Afin d’optimiser le taux de remplissage ultérieur des fourreaux, on peut poser des fourreaux sous-tubés par anticipation.

Les chambres

Les chambres sont des cavités souterraines, affleurant à la surface de la chaussée ou du trottoir sous lesquels elles sont enterrées. Reliées entre elles par les fourreaux, elles remplissent deux fonctions principales :

- permettre la mise en place des câbles dans les fourreaux, en offrant des points d’entrée et de sortie à ces derniers

- permettre de réaliser des changements de direction des câbles, des dérivations et des raccordements, en offrant un espace de stockage de surlongueur de câble (lovage) et une accessibilité aux câbles et fibres.

Il existe deux catégories de chambres, définies par leur niveau de résistance mécanique : les KxC posées sous des voies circulées, et les LxT pour la pose sous trottoir et accotements. Les principaux modèles utilisés sont les K2C, L2T et L3T (<1 m3) pour l’aide à la pose de câbles, et K3C et L5T (entre 1 et 2 m3) pour le raccordement et la dérivation. Les petites chambres L1T sont inadaptées aux opérations de manutention de câbles.

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Chambre L5T ouverte


Les poteaux

La pose de câbles sur poteaux est beaucoup moins coûteuse que l’enfouissement (économie de l’ordre de 90%). Faute de poteau existant sur place, de nouveaux poteaux peuvent être implantés ; on y fixe alors des câbles optiques à armature renforcée. Les principaux inconvénients de la pose en aérien sont une moindre protection du câble (bien que les incidents soient rares), et un impact visuel problématique dans certains secteurs (notamment si tous les autres réseaux sont enfouis).

Pour en savoir plus

Le point sur…
- Les différentes couches des réseaux
- La problématique des infrastructures d’accueil
- Travaux pour réseaux enfouis
- Armoires et locaux techniques
- FTTx : réseau optique de desserte
- Infrastructures d’accueil de réseaux sans fil
- La mutualisation des réseaux

Guide pratique
- Réseaux optiques de collecte : pose d’infrastructures sous voirie : guide de bonnes pratiques d’ingénierie à destination des services voirie départementaux et intercommunaux : préconisations techniques sur le dimensionnement et l’architecture des infrastructures d’accueil de réseaux optiques de collecte

Contact
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest


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2 commentaire(s) sur cet article - dernier commentaire le 14 mars 2008
 
 

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