Haut de page

Logo préfècture région

 Envoyer à un ami  Imprimer  Augmenter la taille du texte  Réduire la taille du texte
Approfondir

Contenu

Le point sur... Le FttX : le réseau optique de desserte

partager sur facebook partager sur twitter
21 juin 2011
Jusqu’à ce jour surtout utilisée dans les réseaux de transport et de collecte, la fibre optique entre dans la partie desserte, s’approchant progressivement de l’usager final. Le FttX (Fiber to the..., la fibre jusqu’à... ) permet d’augmenter très sensiblement le débit, la diversité et la qualité des services offerts aux abonnés tout en affranchissant du réseau téléphonique cuivre de l’opérateur historique les opérateurs alternatifs.

Le réseau FttX peut être point-à-point ou point-multipoint, actif ou passif. Des solutions associant optique et cuivre favorisent un déploiement progressif de l’infrastructure optique. Pour les collectivités qui construisent leur propres réseaux, les équipement déployés (génie civil, câbles optiques voire matériels actifs) doivent être neutres et mutualisables, afin de favoriser une concurrence locale effective.

La fibre optique dans les réseaux de desserte

Quel intérêt pour les utilisateurs ?

Les réseaux de desserte des abonnés emploient généralement des câbles de cuivre (réseau téléphonique pour l’ADSL) ou des ondes radio (Wi-Fi, WiMAX...). Assez peu coûteuses car elles ne nécessitent pas de travaux lourds, ces solutions offrent cependant des performances limitées, avec des portées de quelques kilomètres et des débits de quelques Mbit/s au mieux.

Or les abonnés, que ce soit les particuliers, les professionnels ou les acteurs publics, ont besoin aujourd’hui de débits toujours plus élevés, voire symétriques, avec une meilleure réactivité du réseau, pour des usages comme la vidéo haute définition, le partage de fichiers volumineux, le cloud computing, le web enrichi.... Ceci amène les opérateurs à envisager des solutions plus performantes avec la fibre optique : elle permet des débits de plusieurs centaines de Mbit/s et se montre très peu sensible à l’atténuation par la distance, ce qui supprime l’écart entre les débits annoncés dans les offres commerciales et les débits réellement constatés par les utilisateurs.

Déjà largement utilisée dans les réseaux longue distance (transport et collecte), et jusqu’alors réservée aux entreprises pour la partie desserte, l’optique entre désormais dans les réseaux de desserte grand public. On parle de FttX (Fiber to the..., fibre jusqu’à...) : la fibre est amenée au plus près de l’usager final. Le X peut correspondre au quartier (FttN : Fiber to the Neighbourhood), au pied d’immeuble (FttB : building), au domicile (FttH : home)... Le FttLA (Fiber to the Last Amplifier, au dernier amplificateur) est la technologie qui permet d’amener le téléphone et l’accès à l’internet haut et très haut débit sur le réseau de télévision câblé (le « câble »).

Et pour les utilisateurs ?

Le FttX libère les opérateurs des contraintes liées à l’utilisation de la boucle locale téléphonique appartenant à France Télécom. Un opérateur privé qui construit seul son infrastructure maîtrise son réseau de bout en bout jusqu’à l’abonné. Pour une collectivité qui déploie un réseau d’initiative publique(RIP), l’infrastructure mise en place doit être neutre et mutualisable, favorisant ainsi la concurrence sur son territoire.

Les déploiements FTTx dans le monde et en France

Certains pays sont déjà très avancés en matière de déploiement de fibre optique : au Japon ou en Corée du Sud par exemple, on dénombre déjà des millions d’abonnés FttH. Le déploiement a commencé il y a plusieurs années dans certaines villes des États-Unis également, à l’origine d’ailleurs plutôt pour la télévision que pour l’accès à l’internet.

En France, Pau fait figure de précurseur avec 36 000 logements raccordables dès 2006, et des opérateurs ont commencé les déploiements de réseaux FttX dans certains quartiers de Paris et des principales villes de France. Fin 2010, le cap des 100 000 abonnés à l’internet via un réseau de fibre optique a été franchi. Le FttO (Office, le bureau) est aussi de plus en plus utilisé pour desservir des entreprises. Et demain ? L’ARCEP a établi une liste de 148 communes en« zone très dense » jugées suffisamment rentables pour que les opérateurs de communications électroniques s’y installent. Pour favoriser les déploiements sur le reste du territoire français, l’État a lancé en 2010 un programme national très haut débit soutenant à la fois les opérateurs privés et les collectivités locales. Son objectif : 70% des foyers raccordés en très haut débit dès 2020 et tous en 2025.

Les schémas de déploiement d’un réseau FTTH

Les différentes architectures d’un réseau FttH

Elles sont passives ou actives, selon la présence ou non d’équipements actifs entre le site central de l’opérateur et les points de desserte.

- le point-à-point passif (P2P) : chaque abonné est relié au central par une fibre dédiée, comme pour la boucle locale téléphonique cuivre. Avantages : le dégroupage est facilité, et il n’y a aucun partage de débit.


- le point-multipoint passif (PON, passive optical network, par abus de langage) : une fibre unique part du central et dessert plusieurs abonnés via un coupleur passif (le splitter, sorte de « multiprise ») à proximité de la zone à desservir. Au central, un équipement actif, l’Optical Link Terminal (OLT, équivalent du DSLAM pour l’ADSL) envoie et reçoit les signaux lumineux porteurs des données. Chaque fibre sortant du splitter est reliée à un équipement actif placé chez l’abonné : l’Optical Network Termination. Avantages : des économies sur la quantité de fibres à poser, et donc sur le dimensionnement des infrastructures d’accueil. Les opérateurs peuvent installer deux coupleurs en cascade.


- le point-multipoint actif : le coupleur est remplacé par un commutateur, équipement électronique actif capable d’aiguiller le signal. Les informations envoyées depuis le central sont traitées par le commutateur, qui les retransmet uniquement sur la fibre de l’abonné destinataire. De par la présence d’éléments actifs dans l’arbre optique, cette architecture est d’exploitation complexe à grande échelle.


Les solutions mixtes

Le point de desserte optique peut être plus ou moins proche de l’utilisateur (FttB, FttN, FttC, FttLA...). En ce cas, la desserte des dernières dizaines ou centaines de mètres est réalisée sur le réseau téléphonique cuivre (ou sur le câble TV pour le FttLA). Cette solution intermédiaire rapproche progressivement la fibre de l’usager et lui apporte une amélioration immédiate de débit, d’autant plus élevé que la distance à parcourir sur cuivre sera courte. Destinée à augmenter la performance de l’ADSL, la montée en débit sur cuivre s’appuie sur un raccordement en fibre optique du sous-répartiteur au répartiteur et sur le réaménagement du sous-répartiteur par l’ajout d’équipements actifs (DSLAM). Cette intervention peut constituer une étape avant le déploiement d’un réseau FttH et permettre d’échelonner les investissements, à condition que l’architecture détaillée du futur réseau très haut débit ait été préalablement définie pour permettre la réutilisation de la plus grande part des infrastructures (fourreaux, armoires...).


La problématique du partage des infrastructures

a collectivité qui déploie un réseau d’initiative publique doit veiller à réaliser une infrastructure neutre, c’est-à-dire capable de fonctionner avec des équipements de divers standards, et mutualisable, c’est-à-dire capable d’accueillir différents opérateurs et fournisseurs de services, techniquement mais aussi économiquement, gage d’ une concurrence effective sur son territoire. Le partage des infrastructures se fera aisément au niveau actif, à travers des offres de bande passante. Mais il est également essentiel de prévoir des possibilités de partage au niveau passif, avec des offres adaptées de location de fibre.

La création d’un réseau FTTx : aspects économiques

Créer un réseau FTTx ex nihilo nécessite des infrastructures d’accueil qui peuvent être très coûteuses, en particulier lorsque le réseau est enfoui. La réalisation des tranchées et la pose de fourreaux représentent ainsi 70 à 80% du coût total, soit jusqu’à 100 €/ml en milieu urbain. La pose en aérien sur poteaux coûte jusqu’à quatre fois moins cher. La réutilisation des infrastructures existantes (fourreaux, poteaux, canalisations...) ou la mise en œuvre de techniques adaptées (tranchées de faibles dimensions) peuvent générer des économies importantes.

Par ailleurs, le déploiement peut s’opérer progressivement grâce à des solutions mixtes optique/cuivre ou optique/radio, permettant une plus grande souplesse sur le plan des investissements et une meilleure coordination avec les autres projets d’aménagement de la collectivité.

|

Pour en savoir plus

Liens externes
- Etude THD (Ministère de l’Industrie

Liens internes
- La communication sur fibre optique

Contact
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest


Télécharger :


Commentaires sur l'article
  •  précisions sur les réseaux et contraintes associées aux initiatives dites publiques, par Bourbon robert, expertise conseil couverture numérique investir citoyen , le 3 octobre 2009 à 18h00

    le réseau n’est pas constitué que de paires métalliques. La boucle locale de France Telecom a été réalisée au départ avec des paires métalliques parce que ce support était suffisant pour le service téléphonique, mais d’une part les techniques numériques ont permis de monter endébit et répondre à la demande et donc transporter des débits de plus en plus élevés sur ce support (HDB3 2M sym depuis 20 ans, HDSL, SDSL, adsl 20M.. possibilité de VSDL à 100M), d’autre part des fibres ptiques ou tout autre technique sont mise en place pour répondre à la demande (à 150M bien avant l’adsl), et ce sur tout le territoire.

    le FTTx ne libère pas les concurrents de la boucle locale (connotation d’obligation dans la situation antérieure) :
    - il n’y a plus de monopole depuis 1996, chaque opérateur a la totale liberté de créer son propre réseau,
    - l’opérateur dit historique est obligé de louer tous ses maillons de réseaux à prix coût à tarif piloté par le régulateur (dégroupage partie et total), donc tout fournisseur de service peut accéder au client final de façon très simple, et les concurrents à Orange ont pu facilement acquérir plus de 55% de parts de marchés, (pas d’obligations réciproques)
    - le tarif de location est un des plus bas d’europe, et s’il était trop élevé, chaque opérateur aurait construit sa propre boucle locale,
    - le fait de déployer de façon intensive un réseau de fibres jusqu’à un point de mutualisation est un choix stratégique de chaque opérateur. A signaler aussi que FT est obligé dans ce cadre de louer son génie civil aux autres opérateurs, de retuber les fourreaux si on approche la saturation...(pas d’obligations réciproques)
    - la motivation actuelle est d’amener des services internet télé très haut débit pour les clients résidentiels, avec anticipation de montée en débit puisque le VDSL saurait faire.

    A signaler aussi que ce domaine étant totalement dans le domaine concurrentiel (les infrastructures, les réseaux, les services), toute initiative publique (collectivité locale) dans ce domaine est une initiative du domaine marchand et se situe en concurrence totale avec tout ce qui est en place, et donc la perfomance doit être du même niveau, voire supérieure si elle veut avoir des clients opérateurs de service. Les tarifs pratiqués doivent être encohérence avec les coûts. Une initiative publique ne veut pas dire monopole local, chaque opérateur l’utilisera ou non en fonction des tarifs et surtout de la performance associée (qualité, sav..), et en vertue du droit commercial, chaque opérateur a la totale liberté de réaliser des infrastructures sur le territoire, y compris bien sûr en parallèle de ces initiatives publiques (très important à rappeler en raison de dérives très graves constatées sur le terrain)

    •  Références, par Fibre addict , le 21 juin 2010 à 13h14
      Il existe de nombreuses références en France, fibre optique (http://www.fibre-optique-france.com/) (indépendant), http://www.httr.ups-tlse.fr/pedagogie/cours/fibre/welcome.htm, etc..

Pied de page

Site mis à jour le 7 mai
Plan du siteCETE de l’OuestActualités par flux RSSAuthentificationFlux RSS