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Le point sur... La problématique des infrastructures d’accueil

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10 février 2011
Le coût de construction des infrastructures d’accueil constitue aujourd’hui le principal frein au déploiement massif sur le territoire des nouveaux réseaux de communications électroniques, et particulièrement des réseaux de fibre optique, en collecte aussi bien qu’en desserte. Des solutions permettent de réduire ce coût : la mobilisation d’infrastructures existantes lorsque c’est possible, l’anticipation, les techniques de travaux économiques et la mutualisation des infrastructures neuves lorsque leur pose est requise.

Infrastructures d’accueil : le problème du coût

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Chambre et fourreaux

Un réseau de communications électroniques peut être décomposé en plusieurs couches distinctes : les applications, les équipements actifs, les câbles et enfin les infrastructures d’accueil. Les infrastructures d’accueil sont les fourreaux, chambres, pylônes, armoires de rue, etc. qui offrent aux câbles et aux équipements actifs la protection nécessaire vis à vis des contraintes extérieures.

Elles constituent la couche la plus basse du réseau, celle sur laquelle tout le reste s’appuie. Pour créer un réseau radio, il faut disposer de points hauts sur lesquels les stations hertziennes peuvent être installées. Pour déployer un réseau optique enfoui, des fourreaux et des chambres pour mettre en place les câbles sont nécessaires.

Or la création d’infrastructures d’accueil représente un investissement important qui constitue un frein majeur au déploiement des réseaux haut débit des opérateurs sur les territoires.

Dans les réseaux de collecte

Au niveau des réseaux de collecte, un opérateur qui souhaite relier les répartiteurs téléphoniques à son point de présence régional, afin de faire du dégroupage, doit disposer de capacité d’accueil de câbles optiques le long des principaux axes structurants des territoires concernés. France Télécom, qui dispose d’un patrimoine historique de fourreaux irriguant l’ensemble du territoire, bénéficie ainsi d’un avantage sur ses concurrents : l’opérateur historique n’a ainsi pas à payer la coûteuse mise en place de nouveaux fourreaux. En effet, le génie civil représente 70 à 80% de ce coût, et peut aller de 50€/ml en inter-urbain jusqu’à 250€/ml en centre-ville.

Pour un opérateur qui n’a pas accès à des infrastructures et qui doit donc les construire lui-même, le coût devient rapidement considérable, et le retour sur investissement n’est garanti que pour les zones denses. C’est ce qui explique que depuis 2004, les investissements privés dans les réseaux de collecte sont très limités, et que le dégroupage ne s’étend depuis 2005 que grâce au déploiement par les collectivités territoriales de réseaux d’initiative privée (RIP) permettant l’utilisation d’infrastructures et de câbles mutualisés, ou à la location de fibres noires appartenant à France Télécom.

Dans les réseaux de desserte

Au niveau de la desserte, le problème se pose de manière assez nette aujourd’hui, en raison de l’apparition des limites de l’ADSL, face aux besoins croissants en débit, exigeant des infrastructures nouvelles plus performantes.

Dans les zones blanches, où les lignes téléphoniques sont trop longues pour recevoir un signal ADSL, le déploiement de solutions alternatives par voie hertzienne (principalement Wi-Fi et WiMAX) nécessite notamment de disposer de points hauts, bien placés pour couvrir les territoires à desservir, alimentés électriquement. Dans le déploiement d’un réseau Wi-Fi à l’échelle d’une communauté de communes, l’équipement de points hauts représente en moyenne près de la moitié de la dépense, à raison de plusieurs milliers d’euros par site.

Au delà du problème relativement ponctuel de ces zones blanches (moins de 2% du territoire en 2010), l’ADSL étant limité à des débits de quelques mégabits par seconde, on sait qu’il faudra à moyen terme disposer d’une solution autre que la boucle locale cuivre téléphonique pour assurer la desserte très haut débit du pays. Capable de supporter des débits de plusieurs millions de mégabits par seconde sur des distances de plusieurs dizaines de kilomètres, la fibre optique apparaît comme la solution la plus pérenne. Mais la construction ex nihilo d’une boucle locale principalement optique sur l’ensemble du territoire national représenterait un investissement estimé entre 18 et 30 milliards d’euros. Là encore, les acteurs disposant déjà d’infrastructures sont avantagés, comme par exemple France Télécom et Numericable, qui peuvent tirer des câbles de fibre optique dans leurs réseaux existants.

Comment réduire le coût des infrastructures ?

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Les appuis communs peuvent parfois être mobilisés pour l’accueil de câbles optiques

La mobilisation d’infrastructures existantes

Les infrastructures mobilisables sont celles qui existent déjà sur le territoire et qui vont être utilisées pour accueillir des éléments du réseau de communications électroniques. Il peut s’agir par exemple de capacités excédentaires dans des fourreaux de télécommunications, mais aussi de canalisations d’assainissement ou d’anciennes conduites de gaz qui seront aménagées pour accueillir des câbles. Les poteaux des réseaux électriques ou téléphoniques peuvent également supporter, dans certaines conditions, des câbles optiques. Pour les réseaux hertziens, les structures hautes et bien placées par rapport à la zone à couvrir peuvent être mises à contribution.

Le principal intérêt de la mobilisation d’infrastructures existantes est d’éviter des travaux lourds. Les interventions techniques à réaliser sont plus légères et donc beaucoup moins coûteuses que s’il fallait créer une infrastructure neuve.

Cependant, l’identification de ces infrastructures parfois anciennes et mal référencées, et gérées par des acteurs multiples aux intérêts divers, ainsi que les formalités nécessaires à leur utilisation peuvent générer des difficultés. Les acteurs du territoire, en particulier les collectivités locales, peuvent jouer un rôle de facilitateur, en procédant au recensement des infrastructures mobilisables relevant directement de leur compétence, voire de toutes celles qui occupent leur domaine. Elles peuvent également se positionner en médiateur entre les différents acteurs, en les incitant à partager leurs infrastructures.

L’approche raisonnée de la construction de nouvelles infrastructures

Si les infrastructures existantes sont insuffisantes ou inadaptées au besoin, la création de nouvelles infrastructures d’accueil est alors à prévoir. Différentes mesures peuvent en rendre le coût plus facilement supportable.

L’anticipation des besoins futurs constitue la première mesure : un investissement est d’autant plus acceptable que ce qu’il permet d’obtenir est durable. En matière de réseaux filaires, on sait aujourd’hui que la fibre optique est un support pérenne aussi bien pour la collecte que pour la desserte, et ce pour au moins les trois décennies à venir : il suffit donc de poser des fourreaux capables d’accueillir des réseaux optiques dans de bonnes conditions pour assurer l’avenir.

Dans certains cas, il est possible de faire appel à des techniques de génie civil économiques telles que les tranchées de faibles dimensions (micro et mini-tranchées) ou l’enfouissement sans tranchée.

Les acteurs publics disposent par ailleurs de moyens d’action spécifiques par rapport aux opérateurs privés. Le premier est la capacité d’investissement sur de longues périodes : une collectivité peut se permettre de construire une infrastructure qui ne sera rentabilisée qu’au bout de 20 ou 30 ans. Pour un opérateur privé qui agit dans le cadre de plans d’affaires exigeants, avec un retour sur investissement de 12 à 18 mois, c’est impossible : mieux vaut pour lui louer les fourreaux d’une collectivité à raison d’environ 3€ par mètre linéaire par an que débourser 100€/ml/an pour la construction d’un réseau avant même d’avoir le moindre client.

Leur second levier d’action est l’incitation à la mutualisation. Les collectivités, en tant que gestionnaires du domaine public routier, peuvent encourager le premier opérateur déployant une infrastructure à poser des capacités excédentaires de fourreaux pour les mettre à disposition des autres opérateurs. Les collectivités peuvent également financer elles-mêmes la pose de fourreaux à l’occasion de travaux de voirie, se constituant ainsi à moindre coût un patrimoine d’infrastructures qui sera ensuite ouvert aux opérateurs dans des conditions transparentes et non discriminatoires. Des dispositions législatives récentes vont en ce sens : la loi de relance de janvier 2009 (déploiement des opérateurs dans les réseaux publics) et la loi Pintat relative à la lutte contre la fracture numérique de décembre 2009.

Par ailleurs, la loi Pintat prescrit aux collectivités d’établir en partenariat avec les différents acteurs publics et privés un Schéma directeur territorial d’aménagement numérique qui permettra notamment de faciliter cette mutualisation.

Pour en savoir plus

Liens internes
- Infrastructures d’accueil de réseaux filaires
- Infrastructures d’accueil de réseaux sans fil
- Travaux pour un réseau enfoui

Contact
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest


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