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Le point sur... L’ADSL

Relativement facile à déployer car elle s’appuie sur l’infrastructure téléphonique existante, l’ADSL est la technologie haut débit la plus utilisée en France : elle concerne 96% des accès à l’internet.

Si les débits offerts sont encore globalement satisfaisants pour les usages actuels, ils risquent de devenir rapidement insuffisants avec l’apparition de nouveaux usages : ainsi, la télévision via l’internet par exemple nécessite un débit de 5 Mbit/s au moins.

Par ailleurs, les limites techniques de couverture de l’ADSL posent le problème de l’égalité des territoires devant l’accès à l’internet, avec la persistance en 2011 de zones non desservies.

Quels sont les points forts de l’ADSL ?
- C’est une technologie largement déployée, bien maîtrisée par les opérateurs.
- Elle ne nécessite pas de travaux lourds puisqu’elle utilise le réseau téléphonique cuivre existant.

Et ses points faibles ?
- La zone de desserte est limitée à quelques kilomètres autour du répartiteur téléphonique (ou NRA).
- Le niveau de service est conditionné par la distance entre l’abonné et le répartiteur téléphonique (phénomène d’affaiblissement du signal).
- Elle utilise principalement une infrastructure appartenant à l’opérateur historique France Télécom.
- Les débits sont asymétriques, alors que de plus en plus d’usagers, en particulier les entreprises, ont besoin de débits montants et descendants égaux.

Comment fonctionne l’ADSL ?

L’ADSL (pour asymetric digital subscriber line : ligne numérique asymétrique d’abonné) fait partie de la famille des technologies DSL. Ces technologies sont basées sur le transport d’informations numériques sur le câble de cuivre assurant la desserte téléphonique. Le transport de la voix n’utilise que la bande de fréquence de 300 à 3400 Hz alors que le cuivre peut transmettre une gamme de fréquences beaucoup plus large. C’est dans ces "couloirs libres" (fréquences hautes) que le signal DSL peut se propager, sans interférence avec le signal analogique voix.

Le schéma de déploiement du réseau

Depuis le réseau de transport (niveau mondial), en passant par le réseau de collecte (niveau métropolitain) et vers l’abonné avec le réseau de desserte, on trouve :

- le répartiteur téléphonique, (ou NRA : Nœud de raccordement d’abonnés), relié en amont au réseau téléphonique traditionnel et au réseau internet. Les NRA ne sont pas construits spécifiquement pour l’ADSL : ce sont les bâtiments par lesquels transitent déjà toutes les lignes téléphoniques d’un quartier. Il en existe environ 14 500 en France,

- le DSLAM, installé dans le répartiteur. C’est un équipement électronique spécifique qui assure le lien entre les lignes des différents abonnés et le réseau de collecte,

- le câble téléphonique de cuivre, qui transporte sans aucune modification à la fois le signal téléphonique voix et le signal de données électroniques dans les fréquences plus élevées,

- chez l’abonné, un filtre permettant de séparer le signal données du signal voix.

- le modem ADSL, qui assure le décodage des informations et les envoie à l’ordinateur. Si le débit le permet, des services de téléphonie et de télévision via l’internet (sur « IP » : internet protocol) peuvent également être proposés (offres dites triple-play). En ce cas, le modem ADSL est intégré à un équipement spécifique fourni par l’opérateur, portant généralement le nom commercial de "box".

Les contraintes

Le déploiement de l’ADSL nécessite un accès au câble téléphonique et au répartiteur et un équipement spécifique :

- la desserte ADSL implique de pouvoir faire passer un signal sur le câble téléphonique, propriété de France Télécom, qui relie l’abonné au NRA. La réglementation impose à l’opérateur historique de le mettre à disposition de tout opérateur alternatif qui en fait la demande : c’est le dégroupage. Au 1er mars 2011, plus de 5 200 répartiteurs (soit 36% du total) étaient dégroupés par au moins un opérateur, (voir la fiche dédiée).
- l’installation par France Telecom d’un DSLAM dans les NRA, tous équipés depuis 2008.

L’affaiblissement rapide avec la distance du signal électrique transporté par les fils de cuivre représente une contrainte forte de la technologie ADSL qui ne peut être proposée que dans un rayon de l’ordre de 5 km autour du NRA. Il s’agit d’une estimation : en réalité c’est l’affaiblissement en décibels, défini par la longueur et le diamètre du câble, qui est déterminant. A l’intérieur de cette zone d’éligibilité, plus l’abonné est loin, moins le débit dont il bénéficie est élevé.

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Débit en fonction de la longueur de ligne

Les variantes de l’ADSL

Outre l’ADSL, dont le débit maximum théorique est de 8 Mbit/s, on utilise en France les variantes suivantes de la famille DSL :

- le ReADSL ("Reach extended" ADSL), une technique consistant à augmenter la puissance du signal, ce qui accroît sa portée de 5 à 10%. Les débits dans cette zone de "portée étendue" restent toutefois limités à 512 kbit/s maximum.
- l’ADSL2+ : variante de l’ADSL utilisant davantage de fréquences porteuses et permettant d’atteindre des débits théoriques de 25 Mbit/s au maximum. Cependant, à plus de 2,5 km du répartiteur les débits ADSL2+ sont les mêmes que ceux de l’ADSL.

Les technologies VDSL 2 et VDSL 2+ ne sont pas encore utilisées en France aujourd’hui pour la desserte : elles sont en cours d’expertise par l’ARCEP.
Leurs performances ne sont significativement plus élevées que si l’abonné est à côté ou très proche du NRA, et rejoignent celles de l’ADSL à partir de 1,5 km.

L’ADSL : où et pour quels usages ?

La technologie ADSL est adaptée en premier lieu aux zones densément peuplées car elle permet :

- la desserte d’un grand nombre d’abonnés par un même réseau, donc une meilleure viabilité économique de l’offre des opérateurs,

- des débits élevés puisque la distance moyenne de l’abonné au DSLAM est plus réduite en zone dense.

Le phénomène des zones blanches

Compte tenu des contraintes précédemment évoquées, l’éligibilité d’une zone à l’ADSL est conditionnée par la présence d’un DSLAM au répartiteur téléphonique et par la distance entre les abonnés et ce même répartiteur.

Certains secteurs géographiques, trop éloignés du répartiteur, ne peuvent donc pas bénéficier de l’ADSL : ce sont les zones dites blanches.

Dans ces secteurs, d’autres technologies (radio, satellite), qualifiées d’alternatives puisque l’ADSL est prédominant (96 % des accès internet), devront être mises en œuvre pour offrir du haut débit.

Les usages de l’ADSL

Les usages aussi dépendent en grande partie de la distance séparant l’abonné du répartiteur. A moins de 2,5 km, l’usager pourra bénéficier, dans des conditions de qualité de service satisfaisantes, d’offres triple-play combinant l’internet, la télévision et le téléphone.

Le contexte concurrentiel du secteur géographique est également un élément déterminant : dans les zones urbaines où la concurrence est la plus active, prix et services sont généralement plus avantageux pour le consommateur que dans les zones dites grises où n’est présent qu’un seul opérateur.

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Pour en savoir plus

Quelques sites internet
- Article ADSL sur l’encyclopédie collaborative Wikipedia
- Portail consacré à l’ADSL en France : DSL Valley
- Tests d’éligibilité aux offres d’accès par ADSL : Degrouptest - Egibilité ADSL

Le point sur...
- Les technologies DSL
- La boucle locale cuivre : du répartiteur téléphonique à la prise d’abonné
- Zones blanches et zones grises
- Le dégroupage
- Jeu du marché et enjeu de régulation

Contact
Groupe Aménagement Numérique des Territoires - CETE de l’Ouest

  • Le point sur... L’ADSL (format PDF - 709.8 ko)Fiche à télécharger (mise en page pour impression A4 recto/verso)
Commentaires sur l'article
  •  Merci !, par Bertrand , le 22 décembre 2010 à 21h45
    Merci pour cette page qui résume parfaitement le principe fonctionnement de l’ADSL. Je ne manquerai pas de la citer en référence sur mon site Test ADSL.