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La solution "NRA-ZO"

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5 octobre 2007 (mis à jour le 3 janvier 2012)

Cette solution initiée en 2007 est aujourd’hui remplacée par le NRA MeD.

Avertissement : cet article est une analyse de l’offre « NRA-ZO » de France Télécom destinée aux collectivités locales, réalisée en octobre 2007 par le point d’appui national Aménagement Numérique des Territoires du CETE de l’Ouest sur la base des connaissances disponibles à cette date (documentation publiée par France Télécom, retours d’expérimentations locales).

Les informations sont proposées afin de faciliter la compréhension de cette offre par les acteurs en charge de projets d’aménagement numérique en zones blanches. Les informations ne sont pas exhaustives et sont susceptibles d’évoluer dans le temps.

Résumé

Afin de répondre aux demandes des collectivités confrontées à des problèmes de zones blanches du haut débit, France Télécom, en tant que propriétaire et exploitant de la boucle locale téléphonique cuivre, a conçu la solution « NRA-ZO ». Elle consiste en la mise en place d’un DSLAM à proximité du sous-répartiteur, dans un nouvel espace (local, armoire) généralement à créer. Il en résulte une diminution notable des longueurs de lignes, et donc une extension des zones de couverture ADSL. La mise en oeuvre du NRA-ZO s’appuie sur une importante participation des collectivités. Cette solution présente des avantages et des inconvénients qu’il convient d’intégrer dans les démarches de résorption des zones blanches, sans perdre de vue les questions d’une répartition claire des rôles (financements, responsabilités, droits et devoirs de chacun) et de la pérennité des installations créées, notamment dans la perspective de « l’après-ADSL ».

Présentation de la solution NRA-ZO

Rappel du contexte

Au printemps 2007, France Télécom a terminé l’équipement en ADSL de tous les répartiteurs téléphoniques (NRA) de France. À l’issue de ce déploiement qui se sera étalé sur plus de cinq années, certaines lignes téléphoniques restent inéligibles à l’internet à haut débit par ADSL. Il s’agit dans la majorité des cas de lignes trop longues, sur lesquelles l’affaiblissement est trop élevé pour permettre le transport du signal ADSL.

Environ 2% des lignes seraient concernées, soit 650000 lignes sur l’ensemble du territoire. A raison d’une ligne pour deux habitants, 1,3 millions de personnes ne pourraient pas accéder au haut débit en l’absence de solutions alternatives.

Principe technique de l’offre

L’inéligibilité à l’ADSL (y compris ReADSL) est causée par un affaiblissement du signal supérieur à 78 dB. Cet affaiblissement est directement lié à la longueur de la ligne et au diamètre des fils de cuivre qui la composent (voir Affaiblissement des signaux xDSL : explications et détails techniques).

La longueur à prendre en compte est la distance qui sépare le DSLAM du modem de l’abonné. Le DSLAM, dans la configuration habituelle, est placé au niveau du NRA ; or la distance moyenne NRA-client dans les zones d’ombre est de 6km.

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Principe de la mise en place d’un NRA-ZO

La création d’un NRA-ZO (« noeud de raccordement des abonnés en zone d’ombre ») consiste à rapprocher le DSLAM des clients, en installant celui-ci au niveau du sous-répartiteur téléphonique (SRA) ; la distance moyenne au sous-répartiteur est en effet de seulement 1,5km.

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Un sous-répartiteur

La réduction notable de la longueur des lignes entraîne une diminution de l’affaiblissement, et donc une extension des zones de couverture et, accessoirement, une augmentation du débit sur les lignes du SRA qui étaient déjà éligibles.

Mise en oeuvre opérationnelle

La création du NRA-ZO nécessite des travaux : un sous-répartiteur est généralement une simple armoire de rue, de taille réduite et pas prévue pour l’accueil d’équipements actifs nécessitant une protection vis-à-vis de l’humidité, de la chaleur et de la poussière, ainsi qu’une alimentation électrique.

La création du NRA-ZO se traduit donc dans la majorité des cas par la création d’un nouvel espace, qui peut prendre la forme d’un petit local technique (shelter) ou d’une armoire spécifiquement conçue pour l’accueil d’équipements actifs.

Cet espace, qui est en fait le NRA-ZO en tant que tel, est situé à proximité du sous-répartiteur initial (un éloignement trop important entraînerait des diminutions des performances ADSL, de par l’accroissement des longueurs de ligne). Une proximité immédiate n’est toutefois pas requise : selon les cas et les contraintes locales, il peut parfois être plus pertinent de le placer à 200 ou 300m, par exemple parce qu’il existe une disponibilité foncière, voire de l’espace disponible dans un local déjà aménagé.

Le NRA-ZO doit bien évidemment être relié au sous-répartiteur, qui reste le point de concentration des lignes téléphoniques relié au répartiteur. La création du lien NRA-ZO/SRA peut nécessiter quelques travaux de génie civil, si celui-ci doit être enfoui et s’il n’existe pas déjà des fourreaux utilisables sur une partie du trajet pour passer les câbles.

Une fois que le NRA-ZO est aménagé et relié au SRA, les opérateurs peuvent y installer leurs DSLAM (hors zone dense, seuls deux acteurs sont susceptibles de le faire : France Télécom, selon l’équation économique du cas considéré dans laquelle sera notamment intégrée la répartition des coûts entre France Télécom et la collectivité ; ou bien un délégataire de service public agissant pour le compte de la collectivité).

Conséquences sur l’architecture de la boucle locale cuivre

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Exemple de mise en oeuvre

On considère trois abonnés reliés au même répartiteur ; parmi eux, deux sont reliés au même sous-répartiteur. On considère que seuls les abonnés 1 et 3 sont intéressés par l’accès internet à haut débit, l’abonné 2 n’étant quant à lui intéressé que par le service téléphonique classique.

Dans la situation initiale (schéma du haut, DSLAM au NRA), la ligne de l’abonné 1 est trop longue : l’affaiblissement est de 85dB (35dB pour la partie habitation-SRA et de 50dB pour la partie SRA-NRA) alors que la limite pour l’éligibilité ADSL est de 78dB. L’abonné 3 en revanche peut en bénéficier car sa ligne est suffisamment courte.

Après mise en place du NRA-ZO (schéma du bas) :
- les lignes des abonnés 1 et 2 sont détournées depuis le sous-répartiteur en direction du NRA-ZO, mais restent raccordés au réseau téléphonique au niveau du NRA d’origine.
- l’affaiblissement entre le DSLAM et l’habitation de l’abonné 1 n’est donc plus que d’environ 35dB : la ligne est désormais éligible à l’ADSL.
- la ligne de l’abonné 3 n’est pas modifiée : la mise en place du NRA-ZO n’a pas d’impact sur les autres sous-répartiteurs de la zone concernée.

Note : le lien « internet/NRA-ZO » peut être réalisé sur le réseau cuivre existant (liaison 2 ou 4 Mbit/s) ou par la mise en place d’un lien fibre optique indépendant.

Critères d’éligibilité à l’offre

Les premières expérimentations de la solution NRA-ZO ont eu lieu en 2006, sous le nom NRA-HE (pour « haute éligibilité »). L’offre a été officialisée à l’été 2007, à l’issue d’échanges entre l’ARCEP et France Télécom ; elle conserve toutefois un caractère expérimental visant notamment à éclaircir les conditions de mise en oeuvre et d’exploitation des installations.

Différents critères d’éligibilité ont été fixés et intégrés dans l’offre d’accès à la boucle locale de France Télécom (offre régulée par l’ARCEP). Les conditions sont à évaluer à l’échelle d’une zone comprenant plusieurs sous-répartiteurs. Une zone est éligible à l’offre NRA-ZO si :

- en moyenne, il existe 40 lignes inéligibles au haut débit sur chacun des sous-répartiteurs concernés (une ligne est considérée comme inéligible si son affaiblissement est supérieur à 78 dB)

- aucun sous-répartiteur ne doit avoir moins de 10 lignes inéligibles dans les communes rurales, 20 lignes dans les autres communes

- France Télécom reste en mesure d’assurer le respect de ses obligations réglementaires et contractuelles au travers des conditions économiques, opérationnelles et techniques qui seront décrites dans des conventions spécifiques.

Financement et répartition des rôles

Un certain nombre de points restent à éclaircir :

- la procédure de commande (une approche de type DSP avec formulation de besoins fonctionnels est à privilégier)
- la répartition des coûts entre France Télécom, la collectivité et un éventuel délégataire, ainsi que la propriété des installations
- les responsabilités opérationnelles, au moment de la mise en place du NRA-ZO et ultérieurement en phase d’exploitation

La solution NRA-ZO étant encore expérimentale, ces points sont à préciser au cas par cas dans les conventions locales. Il est donc nécessaire d’y porter une attention particulière. Le suivi de ces conventions et les retours d’expérience devront apporter des éléments de clarification.

Avantages et inconvénients

Avantages

- Le NRA-ZO constitue une solution supplémentaire pour réduire les zones blanches ; elle vient compléter le panel de solutions déjà disponibles (Wi-Fi, WiMAX, satellite...).

- Contrairement aux solutions radio dont les performances (débit, portée) dépendent de nombreux aléas difficiles à évaluer sans une étude précise sur le terrain, la solution NRA-ZO, étant basée sur l’ADSL, peut facilement être modélisée. À partir des données sur les lignes téléphoniques, on peut rapidement et assez précisément évaluer quels seront les gains de débit et les extensions de zones d’éligibilité.

- De même, on bénéficie des différents avantages de l’ADSL, en particulier les débits (globalement suffisants pour les usages courants actuels et dédiés à chaque abonné sur le lien de desserte) et les tarifs d’abonnement attractifs.

- S’il est peu probable que le dégroupage s’étende aux NRA-ZO en raison de la faible rentabilité des zones concernées, les opérateurs alternatifs pourront tout de même proposer des offres concurrentes à celles de France Télécom, basées sur le bitstream ou l’ADSL nu. La population a ainsi accès à un premier niveau de diversité d’offres.

Inconvénients

- Si la solution NRA-ZO permet de bénéficier des avantages de l’ADSL, elle en présente également les inconvénients : les débits ne sont pas symétriques, ils sont limités à une vingtaine de Mbit/s (en ADSL2+) et ils diminuent avec la longueur des lignes. Les différents abonnés devenus éligibles n’auront donc pas tous accès aux mêmes débits.

- Lorsqu’un NRA n’est pas relié à un réseau de collecte optique, les abonnés ADSL qui en dépendent n’ont pas accès à des offres de plus de 2 Mbit/s. On retrouvera le même phénomène sur les NRA-ZO si le lien de collecte entre le NRA et le NRA-ZO est en cuivre (solution la moins coûteuse car ne nécessitant pas de travaux).

- Si la solution NRA-ZO ne permet pas de traiter l’intégralité d’une zone blanche, alors il deviendra économiquement difficile de traiter les quelques lignes restantes, car quelle que soit la solution technique adoptée, le coût par abonné est d’autant plus élevé qu’il y a moins d’abonnés. Au final, le traitement total d’une zone blanche cumulant NRA-ZO pour 80% des lignes et solution complémentaire, par exemple radio, pour les 20% restants coûtera probablement plus cher que le traitement direct des 100% en radio.

- De la même manière, le NRA-ZO peut venir déséquilibrer des projets de collectivité en cours ou des modèles économiques de réseaux d’initiative publique, dans la mesure où c’est une solution nouvelle qui est apparue en seulement quelques mois.

Perspectives

La solution NRA-ZO est une nouvelle option qui vient s’intégrer dans un panel de solutions techniques et économiques pour la résorption de zones blanches. A ce titre, elle doit être comparée en amont des décisions avec les autres voies possibles, afin d’évaluer quelle solution assurera la meilleure couverture au meilleur coût. La qualité de la couverture peut être évaluée suivant plusieurs critères : niveaux de débits offerts, étendue/pourcentage de population couverte, etc.

Les infrastructures étant financées par de l’argent public, et les sommes investies pouvant représenter un poids important dans le budget de petites collectivités (principales intéressées par cette solution), il est indispensable de penser au caractère évolutif, pérenne et mutualisable de ce qui est construit. Ceci est d’autant plus important que l’ADSL est une technologie qui commence à montrer ses limites face aux usages émergents.

On peut ainsi imaginer que l’espace accueillant le NRA-ZO soit conçu et localisé de façon à permettre d’autres utilisations que le simple accueil de DSLAM, comme par exemple l’accueil d’équipements de réseaux sans fil (téléphonie mobile, WiMAX...). A terme, il pourrait également être utilisé comme noeud local pour la desserte optique (FTTH) des territoires concernés - à plus forte raison si un lien optique reliant le NRA-ZO à un point de collecte a été établi lors de sa mise en place afin d’améliorer les débits offerts en ADSL ou de favoriser l’extension du dégroupage.

Il est important pour les collectivités de ne pas voir dans le NRA-ZO une simple solution de court terme : en intégrant les installations à réaliser dans une vision prospective plus large et en veillant à en conserver la maîtrise, elles peuvent les utiliser pour préparer l’avenir, facilitant l’arrivée des services mobiles et du très haut débit que l’ADSL ne peut pas offrir.

Compléments d’information

> NRA-ZO : questions/réponses Réponses aux questions fréquentes concernant l’offre NRA-ZO

  • Une collectivité peut-elle commander la mise en place d’un NRA-ZO ?
  • La mise en place de NRA-ZO est-elle soumise à des restrictions de l’Arcep ?
  • France Télécom est-il le seul habilité à mettre en place un NRA-ZO ?

> Affaiblissement des signaux xDSL : explications et détails techniques
> Le point sur : Zones blanches et zones grises
> Le point sur : Les technologies xDSL
> L’offre de référence d’accès à la boucle locale de France Télécom (NRA-ZO : voir chapitre 7.10)

11  commentaire(s) sur cet article - dernier commentaire le 18 avril 2010

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