La lettre du groupe Aménagement Numérique des Territoires (ANT) - mars/avril 2017

publié le 5 mai 2017 (modifié le 11 mai 2017)

  Premiers résultats de l’enquête Capacity sur les usages numériques des français

Les entités qui ont réalisé cette étude en mutualisant leurs moyens font partie d’une association internationale (Wip : world internet project) qui vise à interroger les citoyens des pays membres en utilisant un jeu de questions suffisamment identiques entre tous pour pouvoir comparer efficacement leurs résultats. Dans l’édition 2016, le rapport de cette étude commence par définir l’« empowerment » (en français « capacitation » comme « la capacité qu’on les gens de gagner du pouvoir d’agir sur leur vie ». Plus concrètement, il s’agit de « la capacité à participer à la vie sociale et politique, [—] saisir des opportunités pour se former, augmenter son pouvoir d’achat, s’insérer professionnellement »). En particulier, l’étude a mesuré en quoi l’internet peut permettre à l’internaute d’augmenter son « capital social », défini comme « la capacité à participer à vie sociale et politique, par le fait de saisir des opportunités pour se former, augmenter son pouvoir d’achat, s’insérer professionnellement ». Un des points forts de cette étude est qu’elle s’appuie sur 2000 entretiens en face à face avec des individus constituant un échantillon représentatif de la population française. Malgré sa grande richesse, elle n’a cependant pas abordé des questions complexes comme celle « des liens de causalité entre niveau d’insertion professionnelle et niveau de compétence et d’intensité d’usages numériques ».

Le questionnaire aborde six thèmes :
• la connectivité et l’équipement
• la diversité et l’intensité des pratiques
• les compétences numériques
• le contrôle, la maîtrise des usages
• les attitudes et représentations vis-à-vis du numérique
• le pouvoir d’agir (= le capital social, l’apprentissage, la participation politique, le pouvoir d’achat).

Zoom sur quelques questions :

Internaute ou non ?
Commençons par une information très générale : sur la base d’une définition admise internationalement « un internaute est toute personne ayant utilisé Internet au moins une fois au cours des trois derniers mois », l’étude comptabilise 16 % de français de plus de 18 ans qui ne le sont pas. Sans surprise, la catégorie d’âge la moins intéressée par l’internet sont les plus de 65 ans (41% des non internautes), les moins instruits (52%) et ceux dont les revenus sont les plus faibles (31%). Ils sont majoritairement plutôt satisfaits de ne pas utiliser l’internet. Enfin, 14 % d’entre eux ont utilisé l’internet puis renoncé, pour des raisons que leur faible
nombre dans l’échantillon a empêché les réalisateurs de l’étude d’approfondir.

Quel internaute êtes-vous ?
Quatre profils bien distincts ont été dessinés :
les hyperconnectés (31%) : très à l’aise avec l’internet et les outils informatiques, ils sont multi-équipés, sont actifs sur les réseaux sociaux, et se connectent en tous lieux et à tout moment pour communiquer, s’informer, se divertir et consommer.
les utilitaristes (38%) : multi-équipés, compétents en informatique, ils sont à l’aise avec tous les services qu’offre l’internet : e-commerce, démarches administratives, formation.
les traditionnels (17%) : traditionnels en ce qu’ils ne se connectent pratiquement qu’avec leur PC à leur domicile, ils utilisent essentiellement l’internet pour communiquer (ils ont une adresse électronique) et s’informer.
les distants (14%) : sociologiquement proches des non internautes, ils ne se sentent pas à l’aise avec l’internet, près d’un tiers ne possède même pas d’adresse électronique.

Une différence de comportement et de perception est apparue entre femmes et hommes, les premières ayant tendance à sous-estimer leurs compétences en matière d’internet.

Quels bénéfices vous apporte l’usage de l’internet ?
L’étude s’est beaucoup penchée sur la question de la formation en ligne, acquisition de connaissance supplémentaires, diplômantes ou non, culturelle ou pratiques. Elle s’est intéressée à la pratique des cours en lignes (apprentissage formel) et autant qu’à la simple recherche d’information (apprentissage informel). Il ressort notamment que plus on a fait d’études, plus on utilise l’internet pour progresser.
Pour ce qui concerne la question de faire de la politique au sens large, c’est-à-dire s’engager en tant que citoyen, l’étude a identifié trois profils distincts :
les militants numériques (18%) : ils signent souvent des pétitions en ligne, relaient des messages et parfois même créent leur propre pétition.
Les modérés (65%) : ils sont très peu actifs sur l’internet pour tout ce qui concerne les questions politiques et hésitent à faire part en ligne de leurs opinions.
les réfractaires (17%) : pour eux, « Internet n’apporte rien, ni à leur compréhension, ni à leur expression politique ».
Concernant le pouvoir d’achat, il apparaît que ce sont les catégories de population à l’aise financièrement mais pas celles aux plus hauts revenus qui déclarent augmenter leur pouvoir d’achat avec l’internet.
Le rapport se termine par la présentation détaillée des réponses aux 66 questions qui étaient posées.

Voir la vidéo sur la méthodologie et approche de l’enquête : laboratoire.agencedunumerique.gouv.fr.
Télécharger le rapport : https://www.marsouin.org/

  SFR sanctionné par l’Autorité de la concurrence

Dans les communes des zones très denses, chaque opérateur déploie son propre
réseau à très haut débit en fibre optique et dessert les immeubles qu’il souhaite ; à l’exception de Bouygues Telecom, qui a signé un accord de cofinancement signé en novembre 2010 et où ses déploiements sont effectués par SFR. Or, SFR a privilégié, dans le cadre de son rachat par Numéricable fin 2014, la modernisation du réseau câblé, bien qu’une condition du rachat de SFR par Numéricable était explicitement de respecter le contrat passé avec Bouygues Télecom.
Sur la base de ces élements et d’une instruction, l’Autorité de la concurrence a constaté des manquements dans le respect du contrat. En conséquence, l’Autorité a sanctionné Altice-SFR d’une amende de 40 millions d’euros et assigné à SFR un nouveau calendrier d’exécution assorti de dispositions de suivi, de contrôle et de pénalités (injonctions sous astreinte). Un comité de pilotage dédié au suivi de la mise en place des injonctions est également mis en place.

Lien : http://www.autoritedelaconcurrence.fr

En prononçant des injonctions sous astreinte, l’Autorité de la concurrence utilise ainsi les dispositions nouvelles de contrôle des concentrations qui lui ont été confiées dans le cadre de la loi du 6 août 2015.

  Retour sur les états-généraux des RIP

A mi-parcours du Programme France Très Haut Débit, dans le cadre de leur rencontre annuelle en terre normande, les acteurs des RIP ont décidé de faire le point collectivement sur l’avancée du déploiement des RIP et de leur commercialisation.
Une première table-ronde a dressé le portrait de la région Normandie, née fin 2015 de la réunion des régions Haute et Basse Normandie. Chaque département a son propre RIP, en service ou en projet, sans compter la Communauté de Communes Coeur Côte Fleurie, pionnière des réseaux 100% fibre. Le rapport de la Cour des Comptes recommande par ailleurs clairement de « régionaliser » les RIP pour augmenter leur efficacité et leur attractivité pour les grands opérateurs et les investisseurs privés.
Alors que la Cour recommande de diminuer l’ambition du plan, il semblait important pour les acteurs de faire le point sur les chiffres des déploiements.
Antoine Darodes, Directeur de l’Agence du Numérique a rappelé la nécessité absolue de continuer à poursuivre la dynamique enclenchée tout en définissant les choix budgétaires et politiques des prochains mois, qui engageront notre pays après 2022. Concernant le statut de zone fibrée, il sera défini dans les prochaines semaines, mais il ne faut pas tout attendre de ce dernier, c’est la compétition entre les opérateurs qui les fait avancer…dont bénéficient les collectivités.
Il s’est par ailleurs montré attaché à la préservation des équilibres entre zones d’initiative privée et zones d’initiative publique (zones AMII/zones RIP).
La FIRIP a présenté les chiffres de la 5è édition de son observatoire, construit sur la base d’une enquête IDATE auprès de chacune des entreprises du secteur membres de la FIRIP. Entre autres, on note que les emplois ont augmenté de 35 %, que le savoir faire s’est tourné vers l’export, qu’une inquiétude semble réelle sur les déploiements en zone AMII et la véritable nécessité de la présence d’une offre fibre mutualisée activée accessible sur le marché entreprise.
Si les perspectives en matière d’emploi et de chiffres d’affaires sont bonnes, les professionnels appellent de leurs voeux une augmentation de leur marge que la FIRIP juste actuellement très insuffisante.
La Caisse des dépôts et consignation, quant à elle, a investi dans 31 RIP 1G et 10 RIP 2G (228 M€ fonds propres). Aujourd’hui, les investisseurs sont confiants dans modèles économiques présentés dans les plans d’affaires des RIP pour des retours sur investissement très longs (15 ans et plus). D’autre table-rondes ont permis de se familiariser avec les nouveaux entrants VITIS et TDF, ou encore de faire un focus sur l’offre entreprise avec le cas de Coriolis et Adista. La séance s’est clôturée sur la question des technologies de transition : des solutions alternatives transitoires ou pérennes ?
Pour plus d’information, le groupe ANT vous propose un article complet détaillé sur son site internet : « Retour sur les 6ème états généraux des RIP ».

  Graco Arcep : l’offre entreprise sur la BLOM

L’Arcep fait le constat d’une trop faible connectivité optique des entreprises française de taille moyenne et petite. Elle s’est donc fixé comme objectif de dynamiser ce marché, un de ses douze chantiers prioritaires. Dans le cadre de son analyse des marchés, l’Autorité a rappelé et justifié sa décision de ne pas imposer à Orange, opérateur puissant sur le marché du haut et du très haut débit (les deux ne faisant qu’un) de faire une offre de gros de service activé pour les entreprises sur la boucle locale optique mutualisée (BLOM). Elle craint qu’une décision contraire désinciterait Orange à investir dans le réseau de BLOM.

Elle préfère donc miser sur l’émergence d’un troisième acteur national qui, contrairement aux deux qui se partagent les deux tiers du marché (Orange et SFR,) ne sera pas présent sur le marché de détail. Elle limite ainsi les contraintes imposées à Orange sur ce marché à la fourniture en gros d’offre passive de qualité renforcée, nécessaire à la production d’offres dédiées aux entreprises, souvent désignée sous l’acronyme FttE. Il appartiendra au troisième acteur d’activer les lignes de cette offre de gros et de proposer ces lignes aux opérateurs de détail.
Son idée est que l’opérateur historique fera spontanément une offre s’il constate que les offres activées de ses concurrents se vendent bien et lui font perdre des clients SDSL (quelques Mbit/s symétriques sur cuivre) qui louent actuellement environ 500 000 accès. De leur côté, les petits opérateurs qui sont aujourd’hui dédiés aux entreprises et qui sont clients des offres de gros des RIP FttO (les RIP 1G) voient dans cette décision un risque pour la pérennité de leur activité, l’opérateur historique ayant une offre de détail que les petits opérateurs ne peuvent répliquer, faute d’une offre de gros activée (les offres de gros dans les RIP sont des offres de bandes passantes, donc répondent au qualificatif « d’activées »), et craignent de voir partir leurs clients FttO et de ne pouvoir en conquérir de nouveaux sur la BLOM.

Dans ce débat, le groupe ANT attire l’attention des acteurs sur l’existence sur le marché, dès maintenant et de manière croissante dans les prochaines années, de millions de lignes FttH (jusqu’à plus de 8 d’ici 2022) que les exploitants de RIP auront tout loisir d’activer. Cela permettra de valider l’appétence des entreprises pour ces services très haut débit d’entrée de gamme et d’observer les éventuelles migrations de clients d’offres FttO vers les offres FttE.
Une inquiétude a été exprimée par les délégataires de RIP 1G et leurs autorités délégantes sur cette concurrence qui pourrait avoir des effets très négatifs sur l’équilibre économique de ces réseaux dédiés aux entreprises de première génération.
Le groupe ANT ne prétend pas connaître par avance le comportement des entreprises clientes actuelles d’offres de services basées sur le FttO. Toutefois, d’une étude récente qu’il a réalisée pour le compte d’une grande agglomération propriétaire d’un tel RIP, il est ressorti que :
• l’entreprise peut avoir pour stratégie de gérer moins de clients qui rapportent davantage : recherche d’une clientèle haut de gamme, pour laquelle l’offre FttO est un outil indispensable.
• les entreprises de taille intermédiaire commencent à saisir tout l’intérêt qu’il y a à externaliser certaines fonctions comme la téléphonie de l’entreprise, qui ont nécessairement besoin de grande qualité de service : une coupure réseau entraînerait la cessation complète de son activité.
• de manière générale, les responsables réseaux ou les dirigeants eux-mêmes quand l’entreprise est de taille réduite, considèrent qu’il y aurait un trop grand risque à basculer leurs accès réseau vers des offres moins chères et moins sures.

  Zoom sur l’arrêt du RTC

Pour la deuxième fois, Orange est venu présenter au GRACO son expérimentation d’arrêt du RTC (le Réseau Téléphonique Commuté, celui qui existait avant la téléphonie sur IP apportée par les Boxes ADSL) à Concarneau (Finistère) et dans quelques communes environnantes. Ces communes sont desservies par 13 ou 14 NRA qui totalisent environ 30 000 lignes cuivre.
La problématique n’est pas sans rappeler celle soulevée par l’autre expérimentation, Palaiseau 100% fibre, qu’Orange mène depuis 2012 dans les Yvelines. Dans les deux cas disparaissent deux fonctionnalités : la télé-alimentation en 48V continu du terminal et le transport en mode circuit de signaux de modem. En effet, le RTC apporte la commutation des signaux de modems pour transporter des informations numérisées (ex : télécopie, terminaux de paiement) et la télé-alimentation qui permet au terminal de fonctionner sans le recours au courant électrique 220V. C’est le cas de tous les postes téléphoniques filaires mais aussi de capteurs disséminés parfois dans la nature, de téléphones de secours dans les cabines d’ascenseur. Le passage à la fibre supprime lui aussi ces deux fonctions : les problèmes à résoudre par les détenteurs de tels équipements sont donc les mêmes et sur la foi du dernier exposé d’Orange sur l’expérimentation de Palaiseau au GRACO, sont pour la plupart (sinon tous) résolus. Il serait donc somme toute très souhaitable que les équipes d’Orange partagent leurs retours d’expérience.

Orange a annoncé un délai de prévenance de 5 ans avec la fermeture d’un commutateur téléphonique. Aucune fermeture ne devrait donc intervenir avant 2022 puisqu’aucune n’a encore été annoncée. Au niveau national, l’enjeu en nombre de lignes encore actives est important : 10 millions selon l’opérateur. Mais de ces 10 millions, on peut retirer les 540 000 lignes qui sont en dégroupage partiel fin décembre 2016, situation dans laquelle un abonné ADSL a souhaité conserver en parallèle de sa box une ligne de téléphonie classique. Ils pourront sans difficulté abandonner le RTC pour la téléphonie sur IP.
Il y a aussi toutes les résidences secondaires pour lesquelles les abonnés, sans aucun doute équipés de téléphone mobile, verront peu d’inconvénient à ne plus pouvoir utiliser leur vieux poste téléphonique à cadran pendant leurs séjours. Quant aux télé-alarmes dans ces résidences, elles fonctionnent déjà souvent avec un abonnement mobile 2G. Sur le territoire visé par l’expérimentation, certaines communes présentent un taux de résidences secondaires particulièrement élevé (58% à Benodet), comme le montre la carte ci-contre, ce qui réduit d’autant le nombre de foyers non encore équipés en ADSL qui devront basculer vers la téléphonie sur IP.
Il reste un nombre inconnu de personnes, souvent âgées, que surfer sur l’internet n’a pas intéressées et qui ont conservé un téléphone classique. La tâche consistant à les accompagner dans la migration du RTC vers la téléphonie sur IP incombera aux associations et aux Conseils départementaux, qui sont chargés des missions de solidarité.
Cela dit, 5 ans de délai de prévenance semblent amplement suffisants pour réaliser sans dommage le changement d’équipement chez les abonnés concernés. D’autant que nombre d’abonnés disposent d’un téléphone sans fil, qui n’est déjà plus télé-alimenté. Une prise électrique doit donc déjà exister à proximité de l’endroit où arrive la ligne téléphonique pour installer une mini-box dédiée à la téléphonie sur IP. Il reste la question du coût : dans le cadre du service universel du téléphone, il semble a priori raisonnable d’imaginer que le coût sera supporté par l’opérateur en charge de cette mission. Tant qu’à changer le téléphone historique pour un téléphone sur IP, dans la perspective de l’extinction du cuivre, il serait peut-être pertinent de basculer l’abonné sur la fibre et lui proposer un terminal ad hoc pour qu’il puisse continuer à utiliser le service de téléphonie.

En conclusion, rien ne presse et il n’est pas utile que les collectivités lancent dès aujourd’hui de coûteuses études sur les conséquences de l’arrêt du RTC dans les territoires.

  Très haut débit et secteur de la fibre optique : signature d’un accord sur les compétences et l’emploi

La filière fibre soutenue par l’État dans son effort de formation.

Les principaux acteurs de la filière fibre, représentés par l’OPCAIM pour l’UIMM (métallurgie), l’OPCALIA pour l’UNETEL (télécoms) et CONSTRUCTYS pour la FNTP et la FFB (travaux publics et bâtiment), concluent un accord d’Engagement de Développement de l’Emploi et des Compétences (EDEC) avec l’État.
Quelques 7500 entreprises et 656 000 salariés œuvrant aux différentes étapes du déploiement optique (fabricants, équipementiers, bureaux d’études, installateurs, opérateurs) bénéficieront de ce dispositif piloté par la Direction Générale de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DGEFP) et co-financé par ses signataires à hauteur de 2,7 millions d’euros (800 000 € pour la part Etat).
En réponse aux besoins induits par la montée en charge opérationnelle du plan France THD, il s’agit ainsi de favoriser les recrutements, de développer les formations initiales ou continues, ainsi que de sécuriser les parcours professionnels.
Cet accord-cadre signe la structuration croissante de la filière autour des enjeux de formation, dont la plate-forme interprofessionnelle « Objectif fibre » a également fait un de ses chantiers prioritaires, avec plus d’une vingtaine de centres de formation déjà référencés au plan national sur la base d’un cahier des charges commun (référentiel des métiers du déploiement).

  Très haut débit : des opérateurs indépendants montent AOTA, leur association et Alternative mobile devient Alternative Telecom

Une nouvelle association professionnelle existe depuis peu dans le paysage des télécoms français : AOTA (Association des Opérateurs Télécoms Alternatifs).
Elle a pour but de représenter, de promouvoir et de défendre les opérateurs B2B/B2C alternatifs indépendants opérant sur le marché français des télécoms. AOTA compte une vingtaine de membres fondateurs, dont Adenis, Ergatel, Fullsave, Pacwan, Netalis, Izzycom, ASC, K-Net, ou encore Eurafibre.Son Conseil d’Administration, composé au total de 10 membres, représente la diversité d’opérateurs alternatifs indépendants en terme de taille de structure (effectifs/CA) et de répartition géographique. Au global, AOTA entend représenter dès sa création, en chiffres cumulés, plus de 450 emplois directs et plus de 70M€ de CA.
Quelques jours après l’annonce de sa création, c’est Alternative Télécom, un autre groupement d’opérateurs, destiné à « ouvrir » le réseau fibre d’Orange à la concurrence, qui annonce l’accueil de nouveaux opérateurs actifs sur le marché de la fibre à destination des entreprises et invite les pouvoirs publics à regarder de près la situation du marché français. Il est formé de onze membres, dont certains l’ont rejoint pour l’occasion. Des noms comme Adista, Alphalink ou Nerim sont connus des professionnels, certains disposant de leur propre infrastructure. Le « nouveau » lobby, formé à la mi-mars, est un élargissement d’Alternative Mobile qui défend depuis 2008 les intérêts des opérateurs virtuels (MVNO) qui représentent environ 10 % du marché mobile. Il affiche désormais une logique de convergence (mobile et fibre), certains de ses financeurs étant présents sur les deux segments.

Ces perspectives semblent s’inscrire dans le cadre d’un cercle vertueux où l’émulation entrepreneuriale sur le marché du Très Haut Débit stimulera l’innovation et permettra le développement d’offres de services à destination des entreprises, comme le souhaite le régulateur dans le cadre de ses chantiers en cours.

Site web de l’AOTA .
Site d’Alternative Telecom.

  Décrets d’application de la Loi Lemaire, où en est-on ?

La loi pour une République Numérique du 7 octobre 2016 (dite « loi Lemaire ») doit être complétée par plus de 60 décrets, aujourd’hui 17 textes ont été publiés. Un
tableau récapitulatif en ligne sur le site de legifrance, permet de faire le point sur l’avancée de la publication des décrets d’application de la loi.

  Interview de Sébastien Soriano, président de l’Arcep

Dans une interview au journal Le Figaro, Sébastien Soriano président de l’Arcep dresse un panorama du secteur constatant d’une part que le marché mobile s’achemine, après 6 ans de baisse, vers une stabilisation et d’autre part que le cycle des investissements est en cours de reprise. Ces 2 constats préfigurent une reprise du marché vers un cycle vertueux.
Dans ce contexte de reprise, Sébastien Soriano estime qu’une consolidation n’est ni souhaitable ni nécessaire  ; pire, elle pourrait perturber à nouveau le marché qui est en train de retrouver sa dynamique à quatre acteurs. Par ailleurs, le Président de l’Arcep a « du mal à comprendre ce que les Français auraient à gagner d’une consolidation » s’interrogeant ainsi sur les conséquences pour les consommateurs.
Lire l’interview sur le site de l’ARCEP.

  Un nouvel outil cartographique à destination du grand public : monreseaumobile.fr

A l’occasion d’une conférence de presse organisée à Bordeaux le 22 mars 2017, l’Arcep a initié la phase pilote de son outil cartographique monreseaumobile.fr qui sera en ouverture complète en septembre 2017.
Ce site internet introduit une nouvelle forme de présentation de la couverture mobile avec des éléments enrichis en matière de qualité de couverture. Ainsi, pour les services de voix et de SMS, les cartes différencient les zones de très bonne couverture, de bonne couverture, de couverture limitée, et celles où il n’y a pas de couverture. Cet enrichissement des cartes de couverture déjà existantes, qui se limitaient jusqu’à présent à une information binaire non qualitative (zone couverte/non couverte), améliore l’information du consommateur en apportant des informations précises pour les éclairer dans leurs choix d’opérateur mobile. Ces données représentent parfaitement la réalité du terrain, mais ne permettent pas, par nature, d’avoir une vision exhaustive du territoire ; il s’agit en effet de couverture simulée, qui même si des protocoles de vérification ont permis d’en valider globalement le contenu, peuvent être améliorables localement. Une campagne de mesures sur le terrain aura lieu au cours du second trimestre en Nouvelle-Aquitaine pour calibrer le protocole de vérification, ce qui devrait permettre d’améliorer et de valider la fiabilité de ces nouvelles cartes.

L’expérimentation commence par la Nouvelle-Aquitaine
Ces nouvelles cartes enrichies sont, à compter d’aujourd’hui, en phase de test, dans une région pilote : la Nouvelle Aquitaine. La cartographie enrichie sera étendue à l’ensemble du territoire pour la rentrée 2017 et ultérieurement au service données.

Autre objectif poursuivi : pousser les opérateurs à investir
L’ensemble des données est également publié en open data. Le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, est en effet partisan de l’introduction de plus de transparence pour stimuler l’investissement des opérateurs : c’est le principe de la « régulation par la data ». Cette approche entend renforcer le fonctionnement d’un cercle vertueux : les choix éclairés des utilisateurs devraient inciter les opérateurs à investir dans la couverture du territoire ; les opérateurs faisant le plus d’efforts seraient alors récompensés par les consommateurs, ce qui permettrait de rentabiliser ces investissements.

  Signature du contrat entre Loire Atlantique Numérique et Orange pour le déploiement du FttH

Participant à l’élan national enclenché par l’appel à projets France Très Haut Débit, le Département de Loire-Atlantique a choisi une action en deux temps.
D’abord résorber rapidement les zones blanches ou de mauvais débit ADSL en agissant sur le réseau téléphonique en cuivre : environ 160 sites nouveaux ont été installés partout dans le département ces trois dernières années.
Ce plan achevé, il lance maintenant la seconde phase, celle du déploiement du FttH dans une cinquantaine de communes, dont celles constituant les pôles d’équilibre de son territoire. Sa Régie, Loire Atlantique Numérique est maître d’ouvrage et porte le projet dont la réalisation est confiée au partenaire Orange dans le cadre d’un marché public (CREM). C’est l’objet de la signature du contrat qui s’est déroulé vendredi 28 avril à Nantes.

  NOUVEAU SUR LE SITE …

  • La e-lettre services de l’Etat - Avril 2017 : e-lettre mensuelle d’information et de veille numérique destinée notamment aux services déconcentrés du MEEM et MLHD, dans le cadre du nouveau conseil aux territoires (NCT).

  A REVOIR SUR LE SITE …

  Agenda



23 et 24 mai 2017 : Trip Printemps Avicca.
5 juillet 2017 : Assises du Très Haut Débit - Paris
28 au 30 août 2017 : RURALITIC - Aurillac

  La lettre d’actualité ANT de mars/avril 2017, disponible en pdf.

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