L’Arcep publie des cartes de couverture mobile expérimentales

publié le 4 avril 2017

Les opérateurs mobiles seront tenus de publier, à partir de juillet 2017, des cartes de couverture qui différencieront les zones de très bonne couverture, de bonne couverture, de couverture limitée, et celles où il n’y a pas de couverture, pour les services de voix et de SMS. Cet enrichissement des cartes de couverture déjà existantes, qui se limitaient jusqu’à présent à une information binaire non qualitative (zone couverte/non couverte), ainsi que la mise en ligne d’un nouveau site internet d’informations (monreseaumobile.fr) devrait permettre de mieux refléter la réalité vécue par les utilisateurs, en leur apportant des informations précises et fiables pour les éclairer dans leurs choix d’opérateur mobile au-delà de leurs discours marketing.

L’expérimentation commence par la Nouvelle-Aquitaine
Ces nouvelles cartes enrichies sont, à compter d’aujourd’hui, en phase de test, dans une région pilote : la Nouvelle Aquitaine. Dans ce périmètre pilote, le régulateur publie en effet les cartes expérimentales que lui ont remis les opérateurs. Cette phase pilote permettra à l’Arcep d’affiner l’outil. Si la cartographie s’appuie aujourd’hui sur une simulation réalisée à partir des données fournies par les opérateurs, la réalité de la couverture sera complétée au cours du second trimestre par des mesures de terrain (des voitures de tests seront spécialement équipées pour mesurer la qualité de réception des réseaux) afin de calibrer le protocole de vérification. La cartographie enrichie sera étendue à l’ensemble du territoire pour la rentrée 2017.

Un nouvel outil cartographique à destination du grand public
L’Arcep lance un nouveau site internet : monreseaumobile.fr, un outil cartographique présentant ces nouvelles cartes. Cet outil vise à apporter une information sur mesure aux utilisateurs, afin de les aider à comparer entre eux les opérateurs. Monreseaumobile.fr rassemble d’une part, les cartes de couverture des opérateurs et d’autre part des mesures de qualité de service réalisées en conditions réelles. Ces données représentent parfaitement la réalité du terrain, mais ne permettent pas, par nature, d’avoir une vision exhaustive du territoire.
D’autre part, l’ensemble des données sont également publiées en open data. Le président de l’Arcep, Sébastien Soriano, est en effet partisan de la création de plates-formes permettant d’enrichir les cartes publiques en s’appuyant notamment sur les données remontées par les utilisateurs eux-mêmes (faire un "appel à la multitude").

Autre objectif poursuivi : pousser les opérateurs à investir
Au-delà des informations au consommateur, l’Arcep veut stimuler les opérateurs pour améliorer encore la couverture mobile. Il s’agit de provoquer un « choc de transparence », pour réorienter la concurrence que se livrent les opérateurs, pour qu’elle porte non seulement sur les prix mais surtout sur les performances des réseaux. Cette approche de " régulation par la data " entend enclencher un cercle vertueux : les choix éclairés des utilisateurs devraient inciter les opérateurs à investir dans la couverture du territoire ; les opérateurs faisant le plus d’efforts seraient alors récompensés par les consommateurs, ce qui permettrait de rentabiliser ces investissements.
Ces cartes devraient aussi permettre d’apaiser les revendications des habitants des zones rurales, dont les élus se font l’écho. En effet, en identifiant les zones de couverture réellement limitée, un diagnostic est posé, ouvrant la voie à un débat sur les besoins de couverture à l’avenir, et pouvant amener des éléments d’identification pour l’éligibilité d’une zone aux remontées régionales dans l’outil France Mobile mise en place en novembre 2016 (voir notre article http://www.ant.developpement-durable.gouv.fr/france-mobile-nouvel-outil-de-collecte-et-de-a916.html)

Finalement, ce nouvel outil vient donc compléter l’observatoire de la couverture mobile et de la qualité des services lancé en juillet 2014 par l’Arcep, renforcé, en février 2016, avec les données des zones peu denses dont l’obligation de déploiement s’inscrit dans un accord signé en mai 2015 entre Bercy et les opérateurs visant à couvrir les centres-bourg et zones d’intérêt économique. Ces nouvelles cartes affinées permettent de cartographier la présence des services voix et SMS par les opérateurs, afin de rendre les informations transparentes pour les consommateurs.

Voir le site Monreseaumobile .fr : https://monreseaumobile.fr/
Voir les données en open data :http://www.data.gouv.fr/fr/datasets/monreseaumobile/
Voir la plaquette de présentation de l’outil : http://www.arcep.fr/uploads/tx_gspublication/ARCEP_monreseaumobiles_HD-mars2017.pdf
Voir l’interview de Sébastien Soriano : http://www.usine-digitale.fr/article/pour-reguler-les-barbares-il-faut-barbariser-la-regulation-previent-sebastien-soriano.N400432