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Définition du très haut débit

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2 février 2007

Question 1 - Quelle définition donneriez-vous du très haut débit ?

Le périmètre considéré

Il est tout d’abord nécessaire de préciser le périmètre considéré. Nous considèrerons ici les services de communication électronique entre un usager et le réseau global. Cela revient notamment à mettre de côté le secteur des grands comptes qui comporte d’importantes spécificités liées à une large agrégation par établissement.

Une définition du haut débit déjà historique

Dès l’an 2000, le rapport Bourdier proposait pour les hauts-débits (au pluriel) la définition suivante : « un débit élevé est un débit supérieur à la pratique courante du moment considéré, mais il s’avèrera être un débit standard quelques années plus tard. ». Il ajoutait : « la notion de ’hauts débits’ n’a pas de sens en dehors des services et usages que ceux-ci autorisent : peuvent être considérés comme ’hauts-débits’ des débits autorisant des services et usages difficilement généralisables sur l’ensemble du territoire visé à une étape donnée de l’évolution technologique. »
Cette définition pose un caractère essentiel : la relativité de la notion de hauts-débits dans l’espace et dans le temps. Des débits ne peuvent être élevés que par rapport à une moyenne. Lorsque cette moyenne évolue, ce que l’on place derrière l’expression de hauts débits doit évoluer. Cela correspond à ce que l’on a pu observer ces dernières années avec le glissement progressif du haut-débit de 512 kbit/s à 1 puis 2 Mbit/s.
Si l’on reste en relatif, la définition proposée il y a six ans pour les hauts-débits s’applique directement à ce que l’on place aujourd’hui derrière le terme « très haut-débit ».

Un vocabulaire inflationniste

A un instant donné, les nécessités de l’action et de la communication imposent cependant de figer une définition absolue de ce que sont les hauts-débits du moment, tel un instantané. A ainsi été défini - plus ou moins précisément d’ailleurs - le haut-débit (au singulier). Avec le temps, ce haut-débit d’hier s’est banalisé, a été rattrapé par les évolutions technologiques, et ne fait plus réellement partie des hauts-débits d’aujourd’hui. D’où la nécessité qui se fait jour pour désigner ces derniers d’un nouveau terme : il s’agira donc du très haut débit.

A cet égard, on peut regretter la persistance de l’emploi de termes relatifs pour désigner des notions absolues, source de confusion, comme l’est par ailleurs l’emploi de plus en plus répandu de l’expression « vrai haut débit » qui sous-entend qu’il en existe un faux. On peut également s’attendre à devoir dans un futur prochain définir un nouveau terme : le très-très haut-débit ; ou le vraiment très haut-débit, déjà promu par France Télécom (www.vthd.org).

Une définition par étape technologique

Cet instantané des hauts débits du moment se construit souvent en relation avec une technologie donnée ; parce que celle-ci crée une rupture qui appelle une dénomination nouvelle, et qu’en même temps elle en constitue une traduction concrète.
C’est le cas pour le haut-débit, intimement associé en France à l’ADSL. Ce dernier a apporté des débits largement supérieurs à ce qui était antérieurement possible, ainsi que la permanence de la connexion et la tarification forfaitaire. Ces différentes notions sont désormais les constituants du haut-débit. Et par opposition, le terme bas-débit désigne désormais les accès RTC.

La définition par rapport à une technologie a cependant ses limites. Il en va ainsi pour l’ADSL et sa forte variabilité géographique, liée à l’atténuation rapide du signal le long des lignes de cuivre. L’ADSL n’offre pas un niveau de service uniforme sur le territoire.
Le rapport de l’Idate fait le constat d’une « demande résidentielle qui semble aujourd’hui assez bien satisfaite par l’ADSL2+ » : c’est mettre bien vite de côté la dimension spatiale, essentielle quand on parle d’ADSL. L’ADSL est entièrement assis sur la boucle locale cuivre, ce qui fait à la fois tout son intérêt et ses limites. Et lorsque le rapport énonce : « on doit cependant reconnaître que toutes les lignes téléphoniques (soit approximativement une sur deux) ne sont pas aptes à supporter […] le triple play », c’est faire assez peu de cas de 50% de la population française.

A trop lier le haut-débit à l’ADSL, son périmètre devient équivoque. Cela s’illustre d’ailleurs par l’apparition des expressions « le haut-débit des villes » et « le haut-débit des champs ». Le haut-débit, est-ce 20 Mbit/s pour les urbains et 128 kbit/s pour les ruraux (indépendamment par ailleurs de la question de sa tarification qui peut être variable) ? Les hauts débits d’aujourd’hui se définissent par rapport à la réalité des accès sur le territoire ; ils sont bien entendu différents en zone dense et en zone rurale. Si 4 Mbit/s constitue aujourd’hui un débit standard en zone urbaine, on peut dire qu’il s’agit encore d’un débit élevé en zone plus rurale. Cela ne doit cependant certainement pas conduire à adopter des définitions territorialement différenciées du haut ou du très-haut débit, qui constituent avant tout des objectifs.

Enfin, lier une définition à une technologie, c’est se focaliser sur un maillon du réseau, en l’occurrence la boucle locale. Certes les premiers (ou derniers) kilomètres sont traditionnellement les plus limitants. Mais de plus en plus les exigences vont concerner l’ensemble de la chaîne du réseau, ce qui nécessite une approche plus globale.

Les limites d’usages du haut débit aujourd’hui franchies demain par le très haut débit

Aujourd’hui, les évolutions dans les technologies d’accès ouvrent de nouvelles possibilités, et appellent un nouveau terme. Le très haut débit est déjà largement associé à la fibre optique. Eu égard aux considérations précédentes, il ne faut pas que cette association soit restrictive et il est nécessaire de conserver une pluralité technologique derrière le terme très haut débit.

Le très haut débit doit donc être défini par rapport aux possibilités qu’il offre et aux usages qu’il autorise. Il en va d’ailleurs de même pour le haut-débit, et puisque les deux termes sont en articulation, il peut être opportun de préciser une définition du haut-débit.

A notre sens, le haut-débit aujourd’hui correspond désormais à un niveau de service autorisant les usages actuels. On peut notamment citer : une navigation web confortable dans un contexte de pages riches, la téléphonie sur IP. Cependant la transmission de flux vidéo de qualité ou en temps réel se situe à l’extérieur du haut-débit.

Elle constitue en revanche la base du très haut débit. Celui-ci doit permettre les usages basés sur le son, l’image et la vidéo, avec des contraintes d’interactivité, de temps réel et d’usages multiples simultanés. Il s’agit d’autoriser sans limite les usages d’aujourd’hui, et de permettre l’émergence des usages de demain et d’après-demain, tant pour les particuliers que pour les entreprises.
De même que le passage du bas-débit au haut-débit a pu être comparé à celui du puits à l’eau courante, on pourrait comparer le passage du haut débit au très haut débit à celui du robinet à la borne incendie. Même en ouvrant tous les robinets au maximum, ils continueraient chacun à débiter à leur pleine capacité. Et faisons confiance à notre inventivité pour élaborer de nouveaux usages tirant pleinement partie des capacités de ces réseaux.

En termes d’usages aujourd’hui connus, il est possible de citer la consultation de contenus multimédia interactif (blogs vidéos par exemple), la vidéo à la demande, les programmes interactifs, la vidéoconférence multi-partenaires en haute définition, les application de téléprésence, le calcul distribué, la conception collaborative, etc.

Au delà du développement annoncé de ces usages unitaires impliquant directement l’usager, et donc temporellement balisés, de plus en plus d’applications sont connectées en permanence, simultanément, tournant en « tâche de fond » pour actualiser des données, déclencher des évènements au moment opportun, etc. Usage va de moins en moins rimer avec usager. La multiplication des objets communicants et des échanges « machine to machine » va faire exploser les besoins. Le très-haut débit doit aussi permettre d’y répondre.

Tentative de définition technique du très haut débit

En ce qui concerne la traduction de ce niveau d’exigence en termes techniques, à la définition en termes de débit descendant viennent donc s’ajouter des contraintes de débit montant, de temps de réponse (critère déterminant pour les applications interactives), de régularité des flux (critère déterminant pour les applications en streaming). Ce n’est donc pas le seul débit qui est à prendre en considération, mais tous les critères de qualité de service (de la même façon que le haut débit n’incluait pas seulement un débit, mais aussi l’idée de connexion permanente et illimitée).

A l’instant de la présente réponse, une traduction quantitative des performances exigibles pour qu’une liaison puisse être qualifiée de très haut-débit pourrait donc être :
- Débit descendant > 50 Mbit/s
- Débit montant > 20 Mbit/s
- Temps de réponse < 100 ms


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