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Bilan 2007 : le haut débit en France

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12 août 2008

Couverture et dégroupage

* Les zones blanches DSL

En 2007 France Télécom a finalisé l’équipement DSL de l’ensemble des répartiteurs sur le territoire français : les lignes qui restent non éligibles à la technologie DSL le sont donc principalement pour des problèmes d’éloignement entre l’abonné et son répartiteur de rattachement (d’autres difficultés peuvent également provenir de la structure du réseau : c’est notamment le cas pour le multiplexage).

A l’issue de l’équipement complet du réseau, il subsiste selon environ 2% des lignes téléphoniques en zone blanche DSL. (début 2008, France Télécom annonce une couverture adsl de 98,3% de la population).

Des solutions "DSL" sont expérimentées et développées afin d’augmenter l’éligibilité au haut débit des lignes téléphoniques : ce sont les solutions dites "NRA-ZO" ("ZO" pour Zone d’Ombre), mais dont la mise en place est soumise à des conditions techniques et suppose un investissement relativement important. Une autre approche consiste à avoir recours à des technologies alternatives à l’ADSL, notamment hertziennes (voir ci-dessous).

La couverture DSL du territoire atteint ainsi un premier plafond, autour de 98% de la population, le traitement des 2% de lignes inéligibles passant désormais par des interventions ponctuelles de résorption impliquant le plus souvent des financement publics.
En terme d’investissement, on estime que la couverture en DSL de 98% a coûté environ 2 milliards d’euros, et les 2% restants pourraient coûter entre 500 millions et 1 milliard d’euros.

* La progression du dégroupage

Le dégroupage est, lui, en pleine progression. Au 31 décembre 2007, 2956 répartiteurs sont dégroupés par des opérateurs alternatifs (1167 l’ont été au cours de l’année 2007), couvrant ainsi 68% de la population (l’année précédente, à la même date, 59,6% avait accès au dégroupage).

L’ARCEP attribue cette forte progression à l’offre "Liaison Fibre optique" de France Télécom (qui permet aux opérateurs alternatifs de se raccorder en fibre optique au répartiteur, quand cela est possible), et au développement des réseaux de collecte optique des collectivités : le rythme pour 2007 est de l’ordre de 100 répartiteurs dégroupés par mois, soit à chaque fois quelques 200 000 ménages ou entreprises concernés.

Si 68% de la population a accès au dégroupage fin 2007, plus de 5 millions de lignes ont été effectivement dégroupées, ce qui représente près de 15% de l’ensemble des lignes fixes. Parmi ces abonnés, près de 3,8 millions d’abonnés ont choisi le dégroupage total. En un an, le nombre de lignes totalement dégroupées a augmenté de 73%, au détriment des lignes partiellement dégroupées, en baisse de 26% sur un an.

Le recours au spectre hertzien

Les solutions hertziennes sont plus ou moins en suspens en 2007, hormis les réseaux de type Wi-Fi qui apportent ici et là une solution locale de résorption de zones blanches.

En effet, côté du WiMAX, après l’attribution de licences régionales en 2006, peu de résultats ont été constatés en 2007 : on en est encore dans une phase de déploiement du réseau, et certains attributaires retardent leurs projets de déploiement (cession de licence pour certains conseils régionaux, évolution stratégique d’opérateurs...)

Apparaît par ailleurs en 2007 un nouveau débat, sur la question du dividende numérique : l’extinction progressive de la télévision analogique (fin du processus prévue en 2011) va libérer une bande de fréquences dans la bande des UHF (ultra hautes fréquences) qui, du fait de ses propriétés optimales de propagation, est très convoitée. C’est une opportunité historique pour développer des services performants dans le domaine des télécommunications ou de l’audiovisuel : les acteurs de ces deux domaines se confrontent ainsi sur cette question.

Les conditions pour le très haut débit se préparent

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Estimation à mi 2008 de la couverture FTTx de Paris (Tactis)

Les projets très haut débit, de type FTTH (Fiber to the home, fibre jusqu’à l’abonné) se développent de plus en plus sur le territoire en 2007, alors que les exemples l’année précédente étaient encore particulièrement réduits.

Orange, Free ou Neuf ont annoncé et entamé des projets de déploiement de fibre jusqu’à l’abonné sur plusieurs villes de France, grandes ou moyennes, qui se déclinent de l’échelle d’un quartier à celle d’un centre-ville. A eux trois, ces opérateurs comptabiliserait en tout quelques 500 000 foyers "raccordables" (la fibre s’arrête généralement au pied de l’immeuble), d’après des chiffres annoncés lors du "FTTH Council Europe" en février 2008.

Numéricable, l’unique câblo-opérateur présent à l’échelle nationale, cherche également à se faire une place sur le marché émergent du très haut débit : il propose aujourd’hui des offres 100 Mbit/s sur plusieurs villes, en s’appuyant sur une technologie combinant fibre optique et câble. Il rénove progressivement ses réseaux afin de développer ses offres dans des villes déjà câblées.
2 millions de prises seraient raccordables au très haut débit de Numéricâble.

Le nombre d’abonnés au très haut débit reste aujourd’hui anecdotique, en-deça de 50000 selon l’IDATE (l’Europe en compte 1 million).

La multiplication de ces initiatives, jusqu’ici considérées comme précurseurs, pose la question de la généralisation (démocratisation?) des accès FTTH. A l’échelle nationale, on réfléchit donc à la mise en place de conditions optimales pour le déploiement optique jusque l’abonné, à la fois pour faciliter sa mise en oeuvre pratique et pour assurer une concurrence réelle sur ce nouveau marché.

La loi du marché : rachats et stratégies de développement

Le paysage des acteurs télécoms est marqué, dans le prolongement de 2006, par de nombreux rachats et partenariats : seuls quelques grands noms se maintiennent aujourd’hui sur le marché, et les stratégies de convergence amènent les principaux acteurs des différentes branches de marché à s’associer ou investir les marchés voisins.

Orange, Neuf Cegetel et Free sont les principaux opérateurs de services haut débit en France. Ils se partagent, à quelques parts près, l’ensemble du parc d’abonnements ADSL, avec respectivement 7,3 ; 3,2 et 2,9 millions d’abonnés fin 2007.

Parmi les autres opérateurs alternatifs qui revendiquaient plusieurs centaines de milliers d’abonnés, Club Internet a été racheté en 2007 par Neuf Cegetel, et Alice - en 4ème position l’année dernière - est aujourd’hui à vendre (Numéricable a proposé début 2008 une offre ferme de rachat).
L’acquisition de Tele2 par SFR, premier actionnaire de Neuf, a par ailleurs été autorisée en juillet 2007 par la commission européenne. L’imbrication des acteurs ou de leurs sociétés actionnaires se renforce.

En parallèle du marché DSL, les partenariats se multiplient en 2007 : Completel, opérateur spécialisé sur le public entreprises, s’associe notamment avec Bouygues Télécom d’une part (ce dernier cherchant à développer des offres fixes-mobiles pour les entreprises), et avec Numericable d’autre part (sur lequel il s’appuie pour développer ses offres de fibre).

En 2007, le marché de détail des services internet représente pour les opérateurs un revenu de 4,6 milliards d’euros, en augmentation de 22,3% depuis 2006.

L’évolution de la régulation

La régulation, assurée en France par l’ARCEP (Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes), mais cadrée par des directives européennes, vise à mettre en place les conditions optimales de développement d’un marché. Elle se retire une fois que le fonctionnement de ce marché est jugé satisfaisant, notamment concurrentiel. Concernant le haut débit, la régulation des marchés de gros est privilégiée, les effets de cette régulation amont se répercutant sur les marchés de détail.

En 2007, des mesures de régulation imposées à France Télécom sont ainsi levées (offres en gros d’accès large bande au niveau national). Par contre, le développement du très haut débit pose la question de la régulation de ce marché : l’ARCEP lance en juin 2007 deux consultations afin de préparer d’éventuelles mesures : la première sur les effets de mutualisation des fourreaux, la seconde sur les conditions de mutualisation de la partie terminale des réseaux optiques.

Notons également qu’en 2007, la commission européenne s’est lancée dans une réflexion sur la révision du cadre européen de régulation, qui devrait simplifier le cadre des marchés susceptibles d’être régulés et intégrer les enjeux de régulation du très haut débit.

Les réseaux d’initiative publique : une implication soutenue des collectivités


Les réseaux d’initiative publique (RIP) continuent à se développer en 2007, comme le montre l’Avicca (Association des Villes et Collectivités pour les Communications électroniques et l’Audiovisuel) qui compte pour cette année :
- 54 réseaux ouverts aux opérateurs en exploitation (ci-dessous en vert foncé)
- 28 réseaux attribués et en cours de construction (ci-dessous en vert clair)
- 18 procédures lancées (ci-dessous en jaune)

Ces projets sont portés par diverses échelles de collectivités, de la commune à la région.

L’Avicca met en évidence trois types de profil pour ces projets : résorption de zone blanche, dégroupage et/ou très haut débit.

Si la forme des délégations de service public reste privilégiée, la forme du partenariat public privé (PPP) apparaît en 2007, notamment avec le PPP de la région Auvergne.

Une dizaine de structures sont attributaires de ces réseaux d’initiative publique : les trois principaux (en nombre de projets) que sont LDCollectivités, Axione, et Covage (Marais - Axia - Vinci) confortent cette année encore leur position.

Usages et usagers dans les foyers français

L’ARCEP comptabilise fin 2007 17,1 millions d’abonnements internet, à la fin de l’année 2007, le haut débit représentant neuf abonnements Internet sur dix (15,6 millions, soit une augmentation de 22,5% en un an). L’ADSL représente environ 95% de ces accès.

Une enquête du CREDOC réalisée en 2007 à la demande de l’ARCEP et du Conseil Général des Technologies de l’Information (CGTI) aboutit aux résultats suivants :
- l’équipement en téléphonie mobile ou fixe semble se stabiliser (taux de pénétration chez les personnes de plus de 18 ans de 75% pour les mobiles, de 83% pour le fixe). L’ARCEP montre par ailleurs que la téléphonie mobile dépasse la téléphonie fixe en terme de revenus mais également de trafic de communications.
- presque un adulte sur deux a une connexion internet haut débit chez lui, et 64% des français ont un ordinateur. La progression est particulièrement importante pour le taux de pénétration du haut débit, qui prend 11 points en un an.

En terme d’usages, les français sont de plus en plus nombreux à utiliser internet quotidiennement (49%, + 6 points) : les démarches en ligne (e-administration ou recherche d’emploi par exemple) connaissent de plus en plus de succès.

La téléphonie sur ADSL est par ailleurs de plus en plus utilisée : son taux de pénétration a quadruplé ces deux dernières années pour atteindre 28%. L’ARCEP estime qu’en 2007, sur le marché résidentiel, les communications depuis les "box" ont représenté 44% des appels passés depuis un téléphone fixe, contre 28% en 2006.


Enfin, les ménages dépensent en moyenne en 2007 un budget mensuel de 93 euros pour les télécoms selon l’ARCEP, qui se répartit de la manière suivante : 16 euros pour internet, 22 euros pour la ligne fixe et 55 euros pour le mobile : cette enveloppe globale se maintient par rapport à 2006, mais le budget de la ligne fixe diminue au profit d’internet et du mobile.

Le bilan 2007 de Médiamètrie apporte des résultats complémentaires :
- 57,7 % de la population de plus de 10 ans se connecte à internet, dépassant ainsi 30 millions d’internautes en France.
- Le temps passé devant internet augmente considérablement, avec une durée de connexion mensuelle autour de 26 heures
- l’internet mobile se développe progressivement, l’e-commerce confirme son succès (65% des internautes achètent en ligne)

Haut débit, entreprises, et développement économique

L’INSEE publie une synthèse de résultats sur son enquête TIC auprès des entreprises : 98% des entreprises sont équipées en ordinateurs, et 97% des établissements de plus de 10 salariés ont une connexion à internet (en haut débit dans 9 cas sur 10).
Les principaux usages d’internet concernent le recours aux services bancaires et les relations avec les administrations : l’utilisation d’internet comme nouvelle fenêtre de marché n’est citée que par 9% des entreprises.
On remarque dans cette enquête que l’appartenance de l’entreprise à un groupe est un véritable facteur d’intégration des TIC (taux plus importants, dans ces entreprises, de sites web, de réseaux internes, d’utilisation des outils de conférence à distance, de gestion informatique...).
Certaines applications sont encore peu répandues : seulement 6 entreprises sur 10 ont un site web, 45% ont un système informatique de gestion de commandes, 14% gèrent leur relation client par informatique (pour les établissements de plus de 10 salariés).

Une autre analyse de l’INSEE constate un phénomène intéressant : si près de 30% des entreprises sous-traitent des tâches liées aux TIC, c’est principalement auprès d’entreprises françaises.

L’impact des réseaux de communications électroniques sur le développement économique est par ailleurs mis en valeur dans différentes études.
Dans une récente publication de l’INSEE (2008) concernant la mondialisation et la compétitivité des entreprises françaises, la qualité des infrastructures de télécommunication est citée comme un véritable atout de l’économie française. C’est d’ailleurs le critère le plus fréquemment cité par les industriels : "par rapport aux pays d’implantation de leurs principaux concurrents étrangers, 55% d’industriels qualifient les infrastructures de télécommunication comme un élément favorable" (source : INSEE, CNCCEF, enquête compétitivité, 2008).

De tels résultats font écho à une précédente enquête menée en 2007 par l’Association "Paris Ile-de-France Capitale économique" sur les facteurs d’attractivité des entreprises : la qualité des infrastructures de télécommunications apparaît parmi les 4 principaux critères cités par les investisseurs internationaux pour leurs choix d’implantation. Aujourd’hui, c’est surtout la disponibilité d’offres très haut débit pour les entreprises qui distingue aujourd’hui la région Ile-de-France des autres métropoles européennes.

En bref : Que retenir de l’année 2007

- Pénétration du haut débit et dégroupage (fin 2007, ARCEP) :

  • environ 98% des lignes sont éligibles à un service DSL
  • 68% de la population est éligible à une offre dégroupée

- Abonnements (fin 2007, ARCEP)

  • On compte plus de 17 millions d’abonnés à internet en France, dont 9 sur 10 en haut débit
  • Le dégroupage, et notamment le dégroupage total, prend de plus en plus d’ampleur : plus de 5 millions de lignes dégroupées, dont 3,8 abonnés en dégroupage total (+73%)

- Déploiements de réseaux et acteurs du marché

  • Le paysage des acteurs télécoms se resserre en France, par de nombreux rachats et fusions. Orange, Free et Neuf Cegetel sont les acteurs dominants sur le marché internet de l’ADSL ; Numéricâble apparaît également leur concurrent sur le marché du très haut débit.
  • Plusieurs projets de FTTH sont en cours de déploiement dans des villes françaises, grandes et moyennes.
  • Les réseaux d’initiative publique (RIP) continuent à se développer sur le territoire

- Equipement et connexion des foyers français

  • 64% des français ont un ordinateur (55% en 2006)
  • Un foyer sur 2 environ a une connexion internet haut débit à la maison (40% en 2006)
  • on comptabilise environ 30 millions d’internautes en France (Médiamétrie)

- Entreprises et développement économique

  • 98% des entreprises sont équipées en ordinateur(INSEE)
  • 97% des établissements de plus de 10 salariés ont une connexion à internet (en haut débit dans 9 cas sur 10) (INSEE)
  • La disponibilité ou la qualité des infrastructures haut débit sur le territoire est de plus en plus citée comme facteur contribuant au développement économique.

NB : Les observatoires de l’ARCEP mettent régulièrement à jour des données sur l’avancée du haut débit en France
- Tableau de bord dégroupage et bitstream
- Observatoire de l’internet haut débit


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