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7,7 millions de lignes, 2,2 millions de prises au 31 décembre 2016

publié le 7 mars 2017 (modifié le 8 mars 2017)

Du haut débit au très haut débit

L’indéniable succès de l’ADSL tient en partie au fait que tous les clients potentiels avaient chez eux, au domicile ou dans l’entreprise, une prise téléphonique. Quand un client avait choisi son FAI, ce dernier lui envoyait la box par la Poste et le laissait réaliser son branchement : un véritable "plug and play". C’est encore le cas aujourd’hui pour les nouveaux abonnés.

En revanche, le FttH se heurte depuis l’origine de son déploiement (10 ans déjà !) à la problématique du raccordement final, lequel transforme une ligne (de communications électroniques à très haut débit en fibre optique, telle que définie dans la loi de modernisation de l’économie de 2008) en prise chez l’abonné.

La différence est de taille : elle se traduit par le taux de pénétration, qui ne décolle toujours pas, comme le montre le graphe ci-après, lequel met en forme les chiffres communiqués chaque trimestre par l’Arcep depuis 8 ans.

Les raisons d’une confusion

Ceux qui communiquent sur leurs déploiements ont tendance à utiliser le mot prise à la place de ligne, de sorte que dans l’esprit de l’auditeur ou du lecteur, 100 000 prises, ce sont 100 000 foyers qui utilisent le très haut débit sur fibre optique, ce qui donne une vision bien plus favorable de l’action (presque quatre fois plus avec un taux de pénétration de 28,5% au 31/12/2016), qu’elle soit privée ou publique.

Les enjeux financiers du raccordement final

Pour passer d’une ligne à une prise, il faut investir 20 à 30% supplémentaires selon le type de raccordement final (en immeuble collectif ou en habitat individuel, en souterrain ou en aérien, de quelques dizaines de mètres à quelques centaines), ce qui n’est pas rien quand on évoque des investissements qui se comptent en centaines de millions d’euros à l’échelle d’un département. Dans certains territoires très peu denses, des raccordements finals coûtant plusieurs milliers d’euros sont évoqués. Face à ces difficultés, le cahier des charges de l’appel à projets France très haut débit a inclus une aide financière substantielle pour le raccordement final des abonnés.

En outre, des lignes qui ne se transforment pas en prises, ce sont des stocks immobilisés qui pèsent lourd sur la rentabilité des investissements consentis, tant par les opérateurs privés que par les collectivités.

Sans oublier que depuis la publication de la recommandation de l’Arcep en décembre 2015 relative aux locaux "raccordables à la demande", les opérateurs pourront avoir rempli leurs obligations de complétude de couverture de la zone arrière d’un point de mutualisation sans avoir posé tous les PBO qui en dépendent. Pour faire face à la demande future, il faudra donc assurer le financement de ces lignes non encore construites.

Le futur statut de zone fibrée sur lequel planche actuellement le régulateur pourrait permettre d’améliorer cette situation propre à encourager de futurs investissements, indispensables à l’achèvement de cet énorme chantier, essentiel pour notre pays.

 
 

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